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Et si ça arrivait ? La révolte des TPE © Zuchero / Adobe Stock
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Et si ça arrivait ? La révolte des TPE

Thibault Guérin
Thibault Guérin

Un roman de Thibault Guérin, « Et si ça arrivait ? La révolte des TPE », qui raconte la mésaventure d’un patron d’une petite entreprise (TPE) qui va devoir faire face à un procès intenté par une de ses employées pour un motif qu’il ne juge pas « sérieux ». A partir de là, plusieurs de ses amis patrons de TPE vont l’aider à résoudre ce conflit, de manière très inhabituelle.

Au-delà de l’histoire décrite dans le livre, celui-ci soulève un certain nombre de questions qui peuvent être jugées comme polémiques mais qui reflètent bien la difficulté de gérer au quotidien une petite entreprise (pour info : une TPE est généralement composée en France de moins de 10 salariés). Le livre ne suggère pas de remettre en cause les acquis salariaux, mais plutôt d’adapter ceux-ci à la taille et la structure de l’entreprise.

Dans la constitution de nos lois régissant les rapports patron – salarié, il n’existe peut-être pas de solution « juste » et équitable. Mais ce livre propose justement de réfléchir aux conséquences que pourraient faire naître une telle problématique. Nous avons donc rencontré l’auteur Thibault Guérin afin qu’il nous parle de son livre.

Comment vous est venue l’idée de cette histoire ?
Le prud’homme que j’ai du affronter et qui pour moi est totalement injuste. La personne s’appuie sur des textes légaux pour me mener aux prud’hommes, elle en a donc le droit, c’est très bien ! Mais, dans ce cas, ce sont les textes légaux que je trouve totalement injustes parce qu’excessifs, parce que imposant deux poids deux mesures, entre des salariés qui ont droit à toutes les excuses ou compréhension quand ils font une erreur et les chefs d’entreprises qui sont sanctionnés pour la moindre petite erreur car ils auraient du faire les choses parfaitement.
De là, j’ai été un peu énervé, j’ai eu envie d’écrire pour faire passer un message, ce message je ne voulais pas qu’il soit un message de haine, je ne voulais pas que ce soit un message de tristesse pour qu’on me plaigne. J’ai donc voulu faire quelque chose d’humoristique et essayant d’ouvrir vers l’avenir.
Le roman est donc l’histoire d’un chef d’entreprise à qui il arrive une mésaventure très ordinaire qui risque de lui couler sa boîte, sauf que cette fois il y a quelque chose qui grippe et au lieu de se laisser faire, d’un groupe de douze patrons on va partir sur une sorte de révolution et une remise en cause complète du code du travail en faisant péter les carcans qui paralysent la TPE. Les chefs d’entreprise qui ont lu le livre y adhérent, et même mes amis de gauche dont j’attendais pourtant des critiques.

Vous parlez de chefs d’entreprises, mais un salarié peut  lire le livre, cela reste une fiction ?
Je lui conseille bien de le lire (rires) , ma collaboratrice m’a dit : « tu devrais même avoir les syndicalistes qui le lisent car cela pourrait les intéresser de savoir ce qu’il pourrait leur arriver un jour. »

Dans les propositions que vous soumettez dans le livre, pensez-vous qu’il y en a qui pourraient être « adoptées » par un homme politique ?
(Sans aucune hésitation) Le contrat d’activité, j’y crois, il n’y a pas de raison qu’en France il y ait deux statuts humains : l’employeur, qui doit tout aux salariés et l’employé auquel tout est garanti.
Aujourd’hui quand vous êtes patron de TPE et que vous avez deux salariés, le fait de dire : « Vous avez tous les devoirs envers vos salariés, s’il n’y a pas de quoi payer tout le monde, ce sont les salariés qui sont payés et c’est tout ». Je le dis clairement, ce n’est pas juste.
Il n’y a pas suffisamment d’intérêt financier à gagner en étant patron de TPE, pour qu’en face on ait autant de devoirs. Le contrat d’activité serait une manière de dire pour chacun (je l’ai écrit avant Sarkozy), « Bosser comme vous voulez et gagner en conséquence ». C’est assez libéral.

Les lois dont vous parlez dans le livre, n’ont-elles pas été faites en priorité pour les grandes entreprises ?
Clairement, oui ! Les salariés ne font que lire la loi. J’en veux beaucoup plus aux hommes politiques qui par lâcheté ou par démagogie, ont laissé monter cet état de fait en ne touchant pas aux droits des salariés par peur d’avoir la révolution !
Finalement, les hommes politiques se défaussent encore et toujours sur l’employeur. Il est aussi évident que toutes les lois sont négociées par les grands syndicats patronaux et ceux-ci ne savent même pas à quoi ressemble une entreprise de trois personnes.
Cet été, j’ai parlé avec quatre chefs d’entreprises : un marchand de volaille, un marchand d’appareil photo, un agriculteur et un patron de magasin, les quatre avaient ou avaient eu des problèmes complètement tordus avec les prud’hommes, donc il y a pas besoin d’aller faire une enquête en montant une commission. Vous allez chez votre boucher, boulanger et menuisier avec les trois, vous êtes sûr d’en avoir au moins un qui aura eu un problème. Que les hommes politiques y aillent et se posent la question de savoir ce que cela implique.

C’est votre premier roman ?
Oui, le roman a été extrêmement facile à écrire, j’ai défini l’ossature du roman en l’espace d’un trajet de quatre heures en voiture. J’avais mes dix huit chapitres en tête et je crois que je n’en ai que très peu varié. Ensuite, l’écriture, je crois que j’ai une écriture assez facile, peut-être aurais-je du faire plus attention à certains passages. Mais le livre a « coulé » de source car tout ce que j’ai écrit je l’avais dans l’esprit depuis longtemps.
J’ai aussi découvert avec ce livre le drame de l’auteur qui n’est plus maître de son ouvre, chaque lecteur ayant ensuite le droit de l’interpréter comme il veut.
Pour être clair, je l’ai écrit d’une certaine manière, mais une de mes filles m’a dit : « au lieu de mettre un point d’interrogation, tu aurais du mettre un point d’exclamation ». Ce n’est pas forcément faux, ceci étant, je l’ai écrit en disant au départ : « Si vous continuez, voilà ce qui va arriver ». Et au fur et à mesure que je l’écrivais, j’ai un peu changé mon analyse en me disant : « mais finalement quand je réfléchis à un certain nombre de propositions du livre, pour moi certains produits de substitution du livre ne sont pas si angoissants ».

Comment définiriez-vous cette première expérience ?
Envie de recommencer !

Vous avez donc envie d’écrire un deuxième roman ?
C’est déjà commencé, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment (rires).

Et pour la promotion du livre ?
La difficulté d’un jeune auteur quand on n’est pas reconnu et qu’on communique sur un sujet politiquement incorrect, c’est que peu de gens prennent le risque de vous tendre la perche. J’en parle autour de moi en faisant du marketing viral, je participe à des réunions, j’essaie de contacter des journalistes. Je manque beaucoup de temps pour en faire parler. J’utilise mon blog : http://t-guerin.over-blog.com.
Je ne suis pas publié à compte d’auteur, mais je n’ai touché aucun acompte de droits d’auteur sur mon livre, donc quand j’achète 50 livres , j’en ai quelques-uns de gratuits dont je me sers pour envoyer en prêt, à des journalistes. Je n’ai pas le budget nécessaire pour faire ma communication. Pour l’écriture ça allait bien, pour la communication, je ne sais pas quel est le bon vecteur pour en faire parler.

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