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Remparts de Provins
Remparts de Provins

Histoire de la Seine-et-Marne

La Seine-et-Marne possède un patrimoine riche dû à sa situation géographique : nombreuses voies d’eau donc axes de communication, proximité de la capitale Paris, gisements archéologiques, ressources naturelles (forêts, champs)…

Le département est traversé par deux grandes vallées (celle de la Seine et celle de la Marne), qui ont permis aux hommes de s’y installer facilement.

La Préhistoire (jusqu’à 300 av J-C.)

Peu de sites d’avant 200 000 av. J-C. ont été découverts en Seine-et-Marne si ce n’est celui de Chelles (découvert en 1874) qui a donné son nom à une époque du Paléolithique.

Entre 35 000 et 10 000 av. J-C (du Paléolithique au Mésolithique), d’après les sites datant de cette époque, la population est principalement constituée de chasseurs : des outils en silex découverts sur le site de Pincevent à la Grande Paroisse en attestent. Ces outils leur permettaient de tailler les silex, travailler les os, les peaux et les bois de rennes, préparer les aliments… Des populations Magdaléniennes vinrent s’installer au bord de la Seine, la Seine était alors divisée en plusieurs bras. Des sites ont laissé des traces de la chasse du renne.

10 000 avant J-C. le climat se réchauffe, la végétation devient plus abondante, la zone de chasse s’éloigne un peu de la Seine.

De 5 200 à 2 200 av. J-C. le Néolithique, la population se constitue d’agriculteurs éleveurs du fait d’une population d’origine danubienne qui s’installe dans la région et change ainsi le mode de vie des hommes de la région : des outils de défrichage apparaissent. L’élevage du bœuf, du mouton et du porc se développe ainsi que la culture du blé, de l’orge…

L’architecture est caractérisée par des demeures en bois dont on a retrouvé des restes de fondations dans les vallées de la Seine et de la Marne. Dans le Sud, les restes d’architectures sont toujours visibles, comme des menhirs, dolmens…

L’Antiquité (2000 av J-C. à 476 ap J-C.)

De 2200 au 1er siècle av. J-C. la métallurgie fait son apparition avec le cuivre qui est ensuite remplacé par le bronze dont l’utilisation se généralise (armes, bijoux, outils).

Au début le bronze n’est pas très important jusqu’à 1500 av J-C. car la région ne produit ni de cuivre, ni d’étain nécessaire à la fabrication du bronze. Des objets en bronze ont cependant été découvert dans des sépultures notamment à Châtenay, à Marolles, à Barbey. Puis la pratique de l’incinération se généraliser vers 1100 av J-C. L’essor du travail du bronze développe une classe dirigeante et permet le développement de circuits commerciaux.

De la fin du 1er siècle av J-C. au 4ème siècle, l’Antiquité est la période où le commerce et l’économie se développent de façon spectaculaire, parallèlement à l’essor de Rome. Entre 16 et 13 av J-C., Auguste organise la Gaule devenue province romaine sur le plan administratif, en la divisant en chef-lieu. La première est la Lyonnaise dont l’un des chefs-lieux est Meaux (Latinium), celle de Melun a pour chef-lieu Sens (Agedinium).

Les notables, dont les richesses découlent en grande partie de l’agriculture, doivent affirmer leur soumission à Rome, ce qui génère le développement et l’embellissement des centres villes (forums, théâtres, thermes, sanctuaires,…).

Dans les campagnes, l’architecture se diversifie. Ainsi, au Nord, les habitations sont principalement des villas à double cours. Au Sud, ce sont des fermes « indigènes », des hameaux et des établissements mixtes, agricoles et artisanaux. Sur les rives des fleuves s’installent de riches demeures. Les cultes indigènes ne disparaissent pas avec la romanisation. En effet, les divinités gauloises comme la déesse Epona côtoient des Dieux romains ou orientaux dans les établissements culturels (temples ruraux ou sanctuaires).

Dès la fin du 3ème siècle au 5ème siècle après J-C., les invasions contraignent les chefs-lieux de cité à s’entourer d’enceintes comme à Meaux ou à se protéger sur une île comme à Melun.

Le Moyen âge (476 à 1491)

Du 5ème au 11ème siècle, le Haut Moyen Age et le début du Moyen Age, le christianisme et son pouvoir progresse, ceci met en place les fondements de ce que sera l’organisation médiévale. C’est l’essor des Abbayes (Abbaye de Chelles), Cathédrales dans les chefs-lieux (Meaux)… qui contribue au développement de la civilisation.

A l’époque féodale, on aboutit au partage du territoire entre les rois de France (au sud) avec les châteaux royaux à Melun et au Vivier et les comtes de Champagne (au Nord et à l’Est) qui possédaient Meaux et Provins. L’autorité du roi diminue ce qui engendre des conflits, entre le roi et les comtes de Champagne.

Aux « frontières » du Royaume, c’est une région ou se croisent droits royaux et comtaux. Le comte de Champagne dresse un donjon à Provins en 1150 (la Tour César) pour renforcer sa puissance.

La mort d’Henri II, puis de son frère Thibaud III en 1202, a pour conséquence la gestion de la Champagne par Blanche de Navarre. Celle-ci promis au roi Philippe Auguste en échange de sa protection contre les filles héritières d’Henri II, fidélité au roi. Le roi hérita alors des Châteaux de Bray et Montereau. Il interdit également de développer les fortifications à Meaux, Lagny, Provins et Coulommiers. La mort de Philippe Auguste en 1223 interrompit le processus de « paix » entre le royaume et le Comté de Champagne.

En 1284, lors de l’union de Philippe IV le Bel à la fille de Blanche d’Artois (régente du Comté de Champagne) le Comté de Champagne devient partie intégrante du Royaume.

Au 12ème siècle, on assiste à l’essor démographique des villes, avec le recul de certains bois comme la forêt de Mans au sud de Meaux. Des villes comme Melun, Provins, Lagny, Meaux connaissent alors un développement économique et géographique très important. Cet essor est caractérisé par l’apparition de grandes foires comme à Lagny ou à Provins.

Cependant, la croissance des foires est de courte durée, la guerre de Cent-ans (1337 à 1453), apporte guerre et famine dans la région. En 1358, lors de la révolte des Beauvaisis (contre le pouvoir en place), Meaux devient le symbole de cette révolte. Son échec provoque la destruction de la place forte à Meaux.

Pendant les règnes de Charles V (1363-1382) et de Charles VI (1380-1422), l’Île-de-France supporte les ravages de la guerre avec les anglais, mais aussi les luttes intérieures entre les Armagnacs et les Bourguignons.

Lagny est plusieurs fois saccagée, Provins change plusieurs fois de pouvoirs… La Brie voit alors sa population diminuer. Le retour de la paix en 1450, oblige l’église et les seigneurs à faire un effort pour repeupler les campagnes de la Brie.

La renaissance (1492-1610)

A la fin du 15ème et jusqu’au 17ème siècle, les grandes fermes jouent un grand rôle économique dans la Brie. La plus ancienne ville royale est Melun (avec le Château sur l’Île St Etienne), mais François 1er lui préféra le domaine de Fontainebleau.

Au 16ème siècle c’est le développement de la culture de la rose, qui dans la ville de Provins se transforme pour une utilisation en pharmacie.

L’évolution de l’église se poursuit au début du 16ème siècle. La communauté protestante de Meaux (l’une des plus importantes du royaume) est la première de France à se manifester et s’organiser. La ville de Meaux se retrouve alors au cœur de la guerre civile entre 1559 et 1594. Le massacre de la Saint-Barthélemy (les 25-26 août 1572) a pour effet de provoquer le déclin économique de Meaux et le départ d’une partie de la population. De nombreuses églises dont celle de Meaux et de Saint-Loup-de-Naud sont détruites.

L’apaisement n’a lieu qu’avec la signature de l’Edit de Nantes le 13 avril 1598 par le Roi de France Henri IV. Malgré cela, la région ne reconquiert pas sa prospérité : les guerres se succédant au XVIIème siècle dans la région.

Le grand-siècle (1610-1714)

Autour des châteaux, des domaines composés de grandes fermes se forment, l’un des exemples les plus prestigieux est celui de Vaux-le-Vicomte. Entre 1656-1661, Le Brun, Le Nôtre et Le Vau réalisent pour Nicolas Fouquet (surintendant des Finances) ce qui va devenir l’un des plus beaux châteaux de Seine-et-Marne (et même de France) : Vaux-le-Vicomte. La valeur de cette partie de la Brie ne cesse d’augmenter en même temps que l’extension du château de Vaux-le-Vicomte.

C’est l’époque ou la bourgeoisie commence à investir dans les fermes, et voit de ce fait le déclin de la propriété paysanne.

La révocation de l’Edit de Nantes le 18 octobre 1685 (à Fontainebleau) contraint une grande partie des nobles et marchands réformés à l’exil. La population rurale elle reste, tout en faisant semblant de s’être convertit au catholicisme. Pendant près de 100 ans, le protestantisme va être pratiqué de façon interdite, les temples comme celui de Nanteuil-lès-Meaux ayant été détruit.

Le siècle des lumières (1715-1789)

L’Edit de tolérance (17 novembre 1787) donne à nouveau une existence légale à la communauté protestante.

La Brie fournit à Paris la moitié de ses besoins en foins et la quasi-totalité de l’avoine. Des travaux publics sont mis en œuvre vers Fontainebleau et Crécy pour répondre aux besoins des nouvelles routes commerciales. Chaque ville de la région participe de février à avril 1789 à la rédaction des cahiers de doléances qui seront présentés au roi.

La région joue un rôle important dans les propositions de réformes comme Louis, Vicomte Noailles, partisan de la réunion des trois ordres (Noblesse, Clergé et Tiers Etat) et qui participa activement à la nuit du 4 août 1789 durant laquelle les privilèges seront abolis.

Au 17ème et 18ème, la construction d’innombrables châteaux développe une région résidentielle. La Révolution fera de nombreuses victimes dans la région du fait de la présence de ces châteaux.

L’époque contemporaine (1789 à nos jours)

La Révolution créa le département de la Seine-et-Marne (le 4 mars 1790), en associant la Brie Champenoise, la Brie française, et une partie du Gâtinais.

La Constitution civile du clergé (12 juillet 1790) crée un nouveau diocèse de Meaux dont les limites sont les mêmes que pour le département. L’élection du clergé et des évêques par cette Constitution provoque le désaccord de nombreux ecclésiastiques : 544 prêtent serment, 21 refusent, 185 déclarent des réticences.

De novembre à décembre 1793, des mesures anti-religieuses conduisent, entre Coulommiers et la Ferté-Gaucher, à un soulèvement appelé la « Petite Vendée Briarde ». Le principal souci de la population reste durant cette période la nourriture : malgré ces grandes réserves en agriculture, la région souffre de famine, une partie des récoltes étant envoyés vers la Capitale.

Le Consulat crée par la loi du 17 février 1800 les préfets, les conseillers généraux, les sous-préfets et les conseillers d’arrondissement. En avril 1800, Alexandre de La Rochefoucauld est le premier préfet élu en Seine-et-Marne et Achille Gigault de Crisenoy, premier président du Conseil Général.

La nuit du 31 décembre 1813 au 1er janvier 1814, les Russes, les Autrichiens, les Bavarois et les Prussiens passent par la Seine-et-Marne pour atteindre Paris et destituer Napoléon. Plusieurs villes de Seine-et-Marne parmi lesquelles Donnemarie, Moret, Fontainebleau… tombent aux mains d’armées étrangères.

Fontainebleau qui est l’une des résidences principales de Napoléon, est le lieu choisit pour la signature de l’acte d’abdication le 4 avril 1814. Au retour de Napoléon en 1815 (les Cent Jours) le département subit deux années d’occupation qui conduisent à la réquisition des récoltes, à des pillages…

Le 19ème siècle

Au 19ème siècle, la révolution industrielle profite à l’agriculture au travers de la mécanisation, l’essor des engrais, la découverte de vaccin (comme celui du charbon* en 1881 par Pasteur, *principale cause de mortalité du bétail).

La modernisation de l’agriculture vient compenser le manque de main d’œuvre dans les grands domaines. La région possède à cette époque de nombreux moulins à eaux le long de ses cours d’eaux qui servent dans l’industrie agroalimentaire (fabrication de la farine), mais aussi dans la papeterie, l’industrie textile…

Le 19ème est caractérisé par la naissance de nombreuses industries (raffineries de sucre de betterave, faïencerie de Montereau, verrerie de Bagneaux, chocolaterie de Noisiel), accompagnée du développement ferroviaire.

Du 6 au 18 septembre 1870, le département est envahit par l’armée allemande. La guerre de 1870 fit payer un lourd tribut à la Seine-et-Marne, de nombreux monuments aux morts datant de cette période se trouvent toujours dans les villes et les villages du département.

La noblesse encore bien implantée dans la région (elle détient vaste domaine foncier et agricole), est souvent représentée à la Chambre des Députés et au Conseil Général et ce jusqu’à la fin du 19ème siècle.

A la fin du 19ème siècle, la bourgeoisie prend de plus en plus part à la vie politique de son département. En 1902, les six députés élus sont de gauche et ils participent le 3 juillet 1905 à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La région reste alors jusqu’en 1939 en majorité à gauche.

La Bataille de la Marne

Durant la Première Guerre mondiale, le département joue un grand rôle dans la distribution de blé aux armées. Beaucoup d’usines implantées dans la Seine-et-Marne fournissent une aide logistique comme la fabrique d’explosifs à La Genevraye. Le département fut victime des deux batailles de la Marne.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Seine-et-Marne est l’un des premiers départements occupés, la région étant un « passage rapide » pour la capitale. La résistance va s’organiser rapidement par petits groupes : le réseau ferroviaire sera plusieurs fois mis hors d’usage, les allemands utilisent alors les voies navigables, mais les résistants font sauter les écluses comme à Moret. La Seine-et-Marne a vu déporter plus de 1 200 personnes.

La Seconde Guerre mondiale, malgré quelques mois de combats a laissé de nombreuses traces dans le département qui se retrouvent dans les nombreux monuments aux morts, plaques commémoratives et cimetières militaires.

Après la guerre de 1939-1945, le département rejoint la politique de droite. Et en 1958, cinq députés gaullistes (sur les 6) sont élus à l’Assemblée Nationale, et soutiennent la V république mis en place par le général De Gaulle.

Après l’accroissement de l’agglomération parisienne, la réforme départementale de 1964 aurait pu conduire à la modification des limites du département, mais les élus locaux s’y opposèrent. Le département poursuit sa mutation avec la création des villes nouvelles de Marne-la-Vallée et de Melun-Sénart en 1972 et 1973. La décision de construire deux villes nouvelles proche de Paris en Seine-et-Marne fait progresser la population et dynamise le département 77.

Avec la décentralisation en 1982, la Seine-et-Marne subit sa dernière modification administrative importante. La population de la Seine-et-Marne a triplé depuis le début du 20ème siècle et est supérieur aujourd’hui au million d’habitants.

Le département confirme aussi sa place au sein de l’Europe et de la région Île-de-France, notamment au travers de l’implantation du Parc Disneyland® Paris à Marne-la-Vallée.

Histoire de la Seine-et-Marne – Photo Patrick M

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