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Interview Charles Beauchart

Charles Beauchart : « Il est important que les gens connaissent l’histoire de leur ville ! »

C’est la cinquième version du spectacle des nocturnes de Meaux en vingt-quatre ans. Nous avons rencontré Charles Beauchart, directeur des affaires culturelles de Meaux et metteur en scène des spectacles depuis le début, juste avant une représentation.

Charles Beauchart

Comment est né ce principe de spectacles nocturnes à Meaux, en 1982 ?
C’est parti de la direction des affaires culturelles de Meaux, sur quelque chose événementiel et d’éphémère. On fêtait le tricentenaire de l’installation de Bossuet, ancien évêque de la ville Il fallait trouver, à l’époque, hormis les manifestations officielles, colloques, congrès etc, une manifestation qui intéresse le public, où les gens de Meaux se sentent concernés. Cette ville est connue entre autre pour Bossuet. Et l’idée de faire deux choses est venue. Une reconstitution historique de l’entrée de l’évêque à Meaux, et un son et lumière où il se faisait raconter l’histoire de la ville, à son arrivée. Ce fut le début de l’aventure. Le succès a été très fort et l’événement a été reconduit l’année suivante. Et on s’est dit pourquoi pas l’inscrire dans le calendrier culturel de la ville ? Voilà comment est né le principe de spectacles nocturnes à Meaux.

Que représente pour vous et pour tous les bénévoles de jouer dans un tel décor ?
C’est magnifique de pouvoir disposer de ce décor solennel. La première vedette du spectacle c’est ça, la cité épiscopale. L’un des buts est de mettre en valeur ce site. Et à chaque fois ça rentre dans le processus de création des spectacles : comment mettre en valeur les monuments, de quelle manière, à quel moment. C’est un vrai délice.

Cette année, c’est la dernière édition du « Grand spectacle historique de Meaux ». Quel bilan pouvez-vous dressez de ces 6 années ?
Ce spectacle est l’aboutissement d’un certain nombre de choses. Je l’aime beaucoup mais je crois que pour tout le monde il faut qu’il s’arrête. Maintenant il y a des attentes du public, des figurants qui ont envie de créer, de voir autre chose. Donc voilà, on y répond, on y travaille.

Ce sont les mêmes figurants qui jouent dans les différents spectacles ?
Oui, en très grande majorité. Il y a évidemment, chaque année, une déperdition pour des raisons de santé, de famille, de déménagements. Les enfants deviennent étudiants donc ils n’ont plus la même disponibilité. Mais il reste un noyau important, ce qui fait que ça fonctionne bien.

Pourquoi, selon vous, reviennent-ils chaque saison ?
Ils prennent beaucoup de plaisir. Le plaisir de s’habiller dans un autre costume, celui de prendre un autre rôle, de se dépasser soi-même en affrontant un public, de se rencontrer, de parler ensemble, de s’évader à un moment donné. Ce sont des défis personnels que chacun se donne. Mais il y a incontestablement des motivations différentes chez les uns et chez les autres. C’est ça qui est passionnant. Cette confrontation de défis qui donne un peu cette dynamique, cette joie d’y être.

Jean-Claude Brialy, comédien, est devenu le parrain du Grand Spectacle historique de Meaux. Comment cela s’est-il passé ?
Il habite près de Meaux, à Monthyon. Il est venu voir le spectacle et a été plus que séduit, plus qu’enthousiasmé par la force de la musique, des figurants, et tout l’élan qu’il a pu sentir. Il a dit : « moi je veux bien parrainer ».

Comment se monte un spectacle de ce type ? (de l’idée à la représentation).
Il faut définir les scènes, ce que l’on va évoquer, ce que l’on n’a pas encore fait dans l’histoire de Meaux. Et aussi ce que l’on veut montrer, quels sont les passages obligés, comme parler de la cathédrale, de Bossuet. Après ça on essaie de trouver une cohérence dans l’ensemble des scènes. Et puis c’est la culture du texte, le choix des musiques, le choix de mise en scène. Ce processus là prend environ un an et demi.
Dès que tout cela est fini on entame les problèmes techniques : combien de nouveaux costumes à créer, combien d’accessoires. Mais aussi les essais de lumière, de pyrotechnie. Donc voilà, on crée, on fait. Les figurants c’est un peu plus tard, deux à trois mois avant le spectacle. Certains font des voix dans les bandes sons, environ six mois avant.

Ecrivez-vous les textes seul ?
Ce n’est pas moi qui les faits. Je ne suis pas du tout écrivain. Ce sont deux personnes. Un poète, qui avait notamment la fonction de curé de la cathédrale. Et un historien. C’est donc une confrontation entre deux personnalités qui ont une très belle écriture, et deux sensibilités complètement différentes. C’est un peu ce qui fait la richesse du texte.

En tant que metteur en scène, quel message désirez-vous faire passer à travers ce spectacle ?
Ce n’est pas forcément un message moral ou philosophique qui m’intéresse dans ce genre de manifestation. C’est le message culturel, le message social. Il est important que les gens sachent la propre histoire de leur ville. Sur 50 000 habitants à Meaux, il n’y pas beaucoup de Meldois pur souche. Ce n’est pas forcément leur histoire. Par contre il est important qu’ils s’approprient la ville, et par conséquent son histoire. C’est le rôle culturel de l’opération.
Le rôle social est également primordial. Nous sommes dans un monde où l’on est de plus en plus individuel, où l’on a de moins en moins de moments où l’on peut se retrouver ensemble. Je crois que le spectacle est un moyen et un moment de se retrouver ensemble, de créer des liens ensemble, et de se connaître. C’est d’abord ça qui essentiel.

Pouvez-vous nous dire quels projets de spectacle avez-vous pour l’année prochaine par exemple ?
Difficilement encore. On a une prochaine réunion qui normalement doit définir le schéma général. J’ai du mal à vous en parler car ce n’est pas encore très clair. On est en pleine recherche. Les réunions se font avec la direction des affaires culturelles et l’OCAM. Ce sont des petites cellules de création entre les deux auteurs, deux autres personnes et moi-même.

Photos Patrick M

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