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L'artillerie en 14-18, Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux
L'artillerie en 14-18, Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux

L’artillerie en 14-18, interviews

Dans le cadre de l’exposition, « 1 milliard d’obus, des millions d’hommes » au Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, du 21 mai au 05 décembre 2016, nous avons interwievé Patrick Renoult, chef démineur à Versailles et Michel Rouger, directeur du Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, pour nous parler de l’exposition.

Patrick Renoult démineur à Versailles

Pourquoi cette participation à cette exposition ?

Je représente le service de déminage de Versailles, qui intervient notamment dans toute la région Parisienne, et l’Association des démineurs de France. Nous avons été sollicité par le Musée pour participer à l’élaboration de l’exposition. Par exemple, nous avons prêté des obus qui viennent de notre collection de travail. Nous avons sur le site de Versailles, un « patrimoine » pour pouvoir mettre à jour notre support pédagogique et former les démineurs.

Combien d’obus prélevez-vous tous les ans ?

Nous réalisons pour notre service entre 14 000 et 15 000 interventions par an. Ceci représente environ 500 à 600 tonnes d’explosifs en tout genre provenant des guerres de 1870, 1914-1918 et 1939-1945. La guerre de 14-18 représente à elle seule environ 60% des interventions et munitions prélevées. Sur ces 350 tonnes de 14-18, environ 10 à 12 tonnes concernent des engins explosifs toxiques.

C’est beaucoup pour un conflit qui s’est terminé il y a bientôt 100 ans ?

Oui, mais au vu des quantités qui ont été utilisées durant cette période, nous estimons à près de sept siècles le travail pour les démineurs. Nous ne sommes pas en recherche d’explosifs, nous intervenons suite à la découverte d’un engin explosif, généralement c’est la collectivité qui nous sollicite.

Combien d’accidents sont encore la conséquence de ces guerres ?

Nous avons été créés à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale pour ramasser les mines. Notre champ d’action a ensuite été élargi à l’ensemble des munitions laissées durant les trois guerres. Depuis la création du service, nous avons déploré environ 600 morts, ce qui représente le double de nos effectifs actuels. Les civils eux sont plus durs à comptabiliser, mais il y a au moins trois à 10 morts par an.

Les dangers des obus de la Grande Guerre sont toujours présents

Ce sont généralement soit des agriculteurs, soit des collectionneurs qui pensent que l’obus ne représente plus de danger. Je me souviens d’une intervention à Rozay-en-Brie où un collectionneur avait fait explosé un obus de 98kg avec une charge explosive de 60kg. La personne a été tuée et le village a été traumatisée par cet accident.

NDRL : l’accident de Rozay-en-Brie a eu lieu le 16 mars 2011. La quantité d’explosif découverte a été la suivante : 26 obus de différentes tailles, 21 grenades à main, 32 grenades à fusil, 8 fusées d’obus, 4 kg de munitions de divers calibres, 2 kg de poudre à cartouche et une boîte de détonateurs (source la République de Seine-et-Marne).

L'artillerie en 14-18, Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux
L’artillerie en 14-18, Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux

Michel Rouger, directeur du Musée

Pourquoi une exposition sur les Obus de la Première Guerre Mondiale ?

L’exposition « 1 millard d’obus, des millions d’hommes » a pour objet d’aborder l’évolution de l’artillerie durant la Première Guerre Mondiale. Nous sommes passés du 19ème au 20ème siècle, durant cette période. Si nous avons choisi de faire cette exposition en 2016, c’est parce que nous sommes sur l’année de commémoration de la bataille de Verdun et de la Somme. C’est une année où l’artillerie va évoluer, et elle va avoir un rôle très important sur des deux batailles.

Nous essayons toujours aussi de faire du lien avec la période présente. Le constat de voir qu’il y a encore beaucoup d’obus présents sur les anciens champs de batailles donne encore une dimension actuelle au conflit. L’artillerie de la Grande Guerre peut « encore tuer » aujourd’hui malheureusement. Si il y a un message à faire passer, si vous trouvez un obus, n’essayez surtout pas de le toucher !

Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux : www.museedelagrandeguerre.eu

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