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Jardins Disneyland Paris
Jardins Disneyland Paris

Luc Behar-Bannelier

Rencontre avec M. Luc Behar-Bannelier, directeur Nature & Environnement. Il est responsable des 120 personnes (jardiniers et métiers supports) sur l’ensemble du site Disneyland® Paris. C’est un homme passionné par son métier, la nature et son rôle au sein de l’entreprise. Un homme qui a eu le rare privilège de rencontrer Bill Evans, le paysagiste qui a créé le concept végétal du premier parc Disneyland en Californie avec Walt Disney.

Quelle est votre fonction au sein du Parc Disneyland ?

Bonjour, je suis Luc Behar-Bannelier né au Maroc. Je me suis intéressé à ce métier enfant quand ma famille est revenue en France. Elle a acheté une propriété en Camargue. Je suis ensuite parti au Canada où j’ai intégré une école de paysagiste. J’y ai alors séjourné 25 années durant lesquelles j’ai exercé le métier de jardinier. Et je suis finalement revenu en France pour le projet du parc Disneyland, il y a 17 ans.

120 personnes pour les jardins

Les membres de mon équipe me voient comme le « patron« , c’est dommage car souvent je leur rappelle lors de mes réunions cafés-croissants, que j’ai été jardinier comme eux. Ici, je m’occupe d’une équipe de 120 personnes. Nous nous occupons de tout ce qui est « vert » : le golf, le ranch, le Walt Disney Studios, les coulisses, le parc Disneyland, les hôtels.

L’idée de dire tout ce qui est « vert », vient d’une anecdote avant l’ouverture du parc, étant donné qu’il n’y avait rien, mes jardiniers disaient, « mais alors l’arbre qui est là-bas il est à nous ? », car il n’y avait pas encore de réelles bordures pour délimiter le parc, ce à quoi je leur répondais : « tout ce qui est vert oui, est sous notre responsabilité » (rires).

1 million de fleurs par an

Nous réalisons aussi des créations pour des événements spéciaux dans les parcs, les hôtels… Mais notre métier principal est l’entretien des espaces verts. Disney a une emprise de près 2 000 hectares, c’est notre convention avec le gouvernement français jusqu’en 2017. Sur ces 2 000 hectares, nous en avons en charge 250. Nous plantons environ 1 million de fleurs à l’année. Nous tondons aussi environ 35 millions de mètres carrés d’espaces verts à l’année.

L’entretien, cela englobe aussi l’arboriculture, l’irrigation, la phyto-végétation, la cellule Méthodes, les plantes d’intérieur, toute la logistique… Nous ne faisons pas de production, nos jardiniers font de la création d’espaces verts, de l’entretien, de la remise en état. En effet, nous avons des petits dégâts lors des parades sur le Parc Disneyland, car certains visiteurs s’assoient sur les pelouses, sur des fleurs, mais ce n’est pas grave. Nous, notre métier justement, c’est l’entretien d’un patrimoine qui permet à nos visiteurs d’accéder à nos attractions, tout en leur offrant un parcours thématique avec le décor végétal qui les accompagne jusqu’à nos attractions. Voilà un peu notre raison d’être ici !

Jardins Disneyland Paris © Disneyland Paris
Jardins Disneyland Paris © Disneyland Paris

La végétation suit-elle un modèle commun aux autres parcs ?

Oui tout à fait, c’est une végétation qui est en accord avec le premier parc de Disneyland en Californie, ensuite il y a eu la Floride, le Japon, Paris, Hong-Kong. Vous arrivez par Main Street, puis devant le château, au centre du parc, puis de là vous pouvez aller sur tous les lands : Frontierland, Adventureland, Fantasyland et Discoveryland. Frontierland est sec et aride, Adventureland représentent les Tropiques, avec une dominante verte, puis il y a Fantasyland, très coloré, très fleuri, et enfin Discoveryland qui représente la végétation du futur.

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Chaque land a-t-il sa propre végétation ?

Chaque land n’a pas forcément sa propre végétation. Par exemple, Adventureland est essentiellement constitué de bambous, de rhododendrons et de grands végétaux à feuilles vertes. Vous les retrouvez ces végétaux sur d’autres lands, mais taillés et utilisés de façons totalement différentes.

Ici nous sommes dans une région qui a bien quatre saisons distinctes, au contraire de la Floride où il fait toujours chaud. Donc vous allez trouver des thématiques, qui sont différentes, mais nous utilisons des végétaux en commun.

Comment fait-on pour avoir des plantes exotiques tout au long de l’année ?

Il faut savoir que nous acclimatons nos plantes. Les pépiniéristes de la région n’ont pas pris le risque de faire pousser des plantes qui avaient des difficultés à passer l’hiver, donc la palette végétale à notre disposition s’est réduite. J’étais avec le président de l’UNEP (Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage), il y a quelques jours et il me disait que Disney a redynamisé le marché de la pépinière sur ces espèces. Beaucoup de gens viennent au parc pour voir comment nous avons acclimaté ces végétaux et comment nous les avons mis en valeur.

Vidéo de Luc Behar-Bannelier pour les 20 ans de Disneyland Paris

Comment suit-on la végétation au jour le jour ?

Sur le parc, nous avons beaucoup de contraintes que d’autres entreprises n’ont pas. Ici au quotidien, il faut faire attention aux petits détails, nous avons ce souci du détail. Vous allez passer dans le parc, vous allez dire c’est superbe, moi je vais passer au même endroit et je vais voir le petit détail qui ne me convient pas. Mon équipe dit « Luc, vous ne voyez que du noir » (rires) : c’est grâce à ce souci du détail que nous maintenons l’aspect exceptionnel de notre site ! Au quotidien, l’entretien de tous ces végétaux demandent de vraiment voir le détail. L’entretien lui-même se fait entre 5h30 du matin et le début d’après-midi en été, et à partir de 6h30 l’hiver. L’été, la taille des arbres sur le Parc Disneyland nécessite un travail de nuit pour les arboristes.

Une dizaine d’arboristes sont en charge de l’entretien de l’ensemble des arbres du site et assurent la taille de formation, la taille architecturée, taille de transparence, taille sanitaire et le plan de gestion des arbres du site. Pour les chênes verts de Main Street par exemple, nous avons dû planter de nouveaux sujets, car les premiers avaient atteint une taille trop importante par rapport aux bâtiments et ne pouvaient plus, même en taillant, respecter l’échelle.

Chaque équipe est-elle affectée à un land ou un lieu précis ?

Nous avons 14 chefs d’équipes, chaque équipe s’occupe d’un secteur du parc et d’un hôtel Disney. Ils sont d’abord sur les parcs le matin, puis à l’ouverture de ceux-ci, partent travailler sur les hôtels.

Cependant , certaines zones ou certains travaux demandent plus de jardiniers à un instant T. C’est à chaque chef d’équipe de planifier avec le support de la cellule Méthodes combien il a besoin de personnes pour le lendemain. De ce fait, un jardinier n’est pas toujours affecté au même site et à la même équipe. Par exemple Adventureland demande parfois moins d’entretien que Main Street où il y a plus de fleurs.

Quelles sont les plantes les plus atypiques sur le parc ?

Sur Adventureland, vous trouverez des amélias, des gunneras. Depuis que nous sommes ici, les gens viennent voir ce que nous avons planté. Ils essayent de reproduire la même végétation chez eux. Nous avons, de ce fait,  de moins en moins de plantes atypiques pour la région.

La végétation de Disneyland® Paris se distingue aussi par des créations réalisées pour des événements spéciaux. Par exemple à la sortie du film Disney « Le Roi Lion », nous avions conçu un magnifique Roi Lion de 8 mètres de haut par 15 mètres de large ornés de 6 000 chrysanthèmes, qui a nécessité 4 nuits de montage.

Vous formez beaucoup de jeunes apprentis ?

Actuellement, nous avons 21 apprentis donc aussi 21 tuteurs. Nous travaillons avec 10 écoles différentes, c’est un gros programme pour eux et pour nous. Pour nos apprentis, c’est un site exceptionnel dans lequel ils abordent toutes les facettes du métier tels que l’irrigation, les arbres, les plantes d’extérieurs, les plantes d’intérieurs, le traitement des plantes…

Mais il y a aussi un point moins connu, le suivi de la « population » animale locale. Nous avons maintenant un groupe de travail qu’on appelle la faune sauvage composée de 4 personnes. Lorsque nous sommes arrivés ici, il y avait des champs de betteraves et de maïs. Maintenant vous avez toute une population qui est venu s’installer sur le site : pigeons, moineaux, corbeaux, étourneaux, lapins, renards, poules, canards… Il faut donc que nous régulions cette population.

Certaines nuits, nous réalisons des comptages pour estimer des populations diverses présentes sur le site. En ce qui concerne les sangliers, nous déléguons des actions de chasse à un organisateur privé pour éviter la surpopulation sur le Ranch Davy Crockett. Concernant les lapins, nous les attrapons et nous les confions à une association qui les transfèrent dans des secteurs dépeuplés. Pour les hirondelles, nous sommes en train de leur construire des nids artificiels pour favoriser leur installation sur certains murs.

Jardins Disneyland Paris © Disneyland Paris
Jardins Disneyland Paris © Disneyland Paris

Vous avez connu le jardinier personnel de Walt Disney ?

Oui, Bill Evans, je l’ai côtoyé, il m’a formé, il a été mon mentor. Il est mort il y a trois ans. Je suis allé en Californie, il m’a montré tous les arbres qu’il avait plantés. C’est dommage, je n’avais pas d’enregistreur comme vous aujourd’hui. Il m’a raconté toute sa vie et c’est certainement une personne qui n’a pas raconté sa vie à beaucoup de monde. J’ai gardé des photos et des notes, c’est tout.

Bill Evans, dans les années 50, était le jardinier personnel de Walt Disney. C’est lui qui a supervisé tous les parcs sauf celui d’Hong-Kong. Il a passé beaucoup de temps ici à Disneyland® Paris. Il allait chercher des graines partout dans le monde. C’était une vraie mine d’information. Cela a été un grand moment de participer avec lui à la création du paysage ici.

Chaque land a eu son propre créateur, car il y a chez Disney toute une équipe très imaginative qui sortent des idées comme Space Mountain. Cependant, il y a une exception,  Bill Evans a supervisé la végétation dans tous les parcs !

Article mis à jour en 2012, photos ©Disney

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