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Jardins de Vaux-le-Vicomte © Vaux-le-Vicomte
Jardins de Vaux-le-Vicomte © Vaux-le-Vicomte

Patrick Borgeot, chef jardinier à Vaux-le-Vicomte

Nous avons rencontré Patrick Borgeot, chef jardinier à Vaux-le-Vicomte depuis peu, un homme passionné par son métier, mais aussi par le cadre du château dans lequel il le réalise.

Pouvez-vous présenter, votre parcours ?
Je suis Patrick Borgeot, j’ai 40 ans, j’ai eu mon entreprise d’espaces verts pendant 20 ans. Puis à cause des conditions économiques qui deviennent de plus en plus compliquées pour les petites entreprises j’ai arrêté début 2007. J’ai trouvé alors la place de chef jardinier à Vaux-le-Vicomte. C’est un peu atypique comme parcours, mais je pense que Vaux-le-Vicomte est aussi une entreprise, cela répond donc à mes besoins.

L’entreprise que j’avais était assez proche d’ici puisque nous étions entre 4 et 6 personnes. Je suis habitué à gérer les clients, les fournisseurs, les relances fournisseurs, une équipe.

Un cadre exceptionnel

Quels sont les plantes, arbustes et fleurs présents à Vaux-le-Vicomte ?
A Vaux-le-Vicomte, vous avez deux sortes de buis : le buis classique et le buis à bordures. Les végétaux formant le jardin à la française de Vaux-le-Vicomte sont :
– Charmilles (Carpinus betulus) pour les haies « hautes » (1 mètre et plus)
– Buis à bordure (Buxus sempervirens suffructicosa) pour les haies basses et les broderies de buis
– Buis commun (Buxus sempervirens) pour certains grands topiaires
– If commun (Taxus baccata) pour certains grands topiaires.

En ce qui concerne le massif de fleurs nous avons cette année principalement des fleurs blanches et bleues avec quelques pointes d’orange : Belles de Nuit, Cléomes, Verveines, Ageratum, Sauges, Statice, Rose d’Inde, Cosmos, Rudbeckia (2 variétés), Héliotropes, Agastaches, Scabieuse, Zinnia (3 variétés).

Nous les avons planté en mai, mais fin septembre début octobre il n’y a plus rien, c’est donc un parterre de fleurs annuel. Le parterre est principalement dans les tons bleu et blanc.

Comment faites-vous pour garder l’aspect historique du jardin ?
Le problème du château, c’est que nous n’avon pas ou peu d’archives sur la création des jardins de Vaux. Vous savez que la fin de Fouquet a été assez brutale et Le Nôtre n’était pas un «verbeux ». Il n’a écrit aucun livre, il a laissé très peu de chose derrière lui. Pour les archives de Vaux-le-Vicomte, pour le jardin, c’est en tout et pour tout 12 gravures de 1660 d’Israël Silvestre, donc tout le jardin est réalisé d’après ces douze gravures, en tentant d’interpréter. Le massif de fleurs a été réalisé d’après ces gravures.

Les variétés de fleurs, nous ne les avons pas sur ces gravures. Les goûts du 17ème ne sont pas forcément ceux du 21ème. Nous essayons de faire style 17ème mais en s’appuyant sur le peu d’informations à notre disposition.

Une liberté relative

Cela laisse donc une certaine liberté ?
C’est de l’interprétation, donc nous avons une petite liberté, mais à partir du moment où nous essayons de faire un jardin 17ème, cette liberté n’est pas énorme. Nous avons par exemple des choix de couleurs. C’est le bleu et le blanc, parce que ce sont les couleurs qui plaisent.

L’envie de M. De Vogüé est de remettre Vaux-le-Vicomte comme en 1661, y compris les jardins, y compris les espaces verts, donc forcément nous voulons nous rapprocher le plus possible de la réalisation de l’époque.

Pouvez-vous nous parler de la perspective des jardins ?
Les jardins à la française, dit aussi jardin d’architecte, car ils sont considérés comme le prolongement de la demeure donc en l’occurrence du château. Vous avez des éléments qui sont cachés qui ne se dévoilent pas aux visiteurs quand ils arrivent, mais au fur et à mesure qu’ils avancent. Le jardin a été imaginé à partir du château, le regard suit l’allée centrale, plus vous avancez plus vous avez l’impression de voir un jardin immense. Le jardin n’est pas dissociable du château. Des grilles d’entrée à Hercule, nous avons 1 500 mètres, mais on a l’impression d’être à coté. Le Nôtre a joué avec les perspectives, l’œil humain a l’impression de voir des parcelles équivalentes.

De combien de jardiniers se compose votre équipe ?
Une dizaine en saison, de mars à novembre, pour s’occuper des fleurs, pour arroser, même si en ce moment nous n’arrosons pas (rires, ndlr : l’interview se déroule lors d’un mois de juin très pluvieux). Tout le monde travaille en harmonie, certains savent mieux faire une partie du travail que d’autres, mais tout l’équipe est susceptible de participer à l’ensemble du travail à réaliser.

33 hectares de jardin

Votre rôle dans cette organisation ?
Mon rôle s’est justement de superviser, gérer le personnel, employer les bonnes personnes au bon endroit. Utiliser les points forts et points faibles de chacun. Voir les priorités, il est évident que sur 33 hectares de jardin, il y a des points plus importants que d’autres : sur 100% de visiteurs, il y en a 100 % qui vont à la terrasse sud, 50% qui s’arrêtent au Rond d’Eau… Il y en a très peu qui vont jusqu’à la statue d’hercule de l’autre côté, car il faut faire le tour du canal. Il est donc évident que le devant est très important, mais dans l’idéal tout est important.

Comme se passe la gestion des jardins lors d’événements privés à Vaux-le-Vicomte ?
Quand il y a des réunions ou séminaires, nous devons nous débrouiller pour ne pas faire de bruit dans la partie réservée. Cependant, nous ne modifions pas Vaux-le-Vicomte pour tout ce qui est événementiel.

Votre journée suit-elle une organisation « type ?
Alors là non ! (rires) Ce qui est merveilleux à Vaux-le-Vicomte, vous partez le matin 8h00 avec un planning et à 8h10 tout est remis en question du moins pour moi. Nous avons un grand domaine, il y a toujours quelque chose à régler sur un point du domaine. Le but de mon travail c’est aussi d’anticiper.

Une passion en héritage

Comment êtes-vous arrivé à ce métier ?
C’est une tradition familiale, mon père, mon grand-père, mon arrière grand-père étaient dedans. Mon père était entrepreneur en espaces verts, et mon grand-père et mon arrière grand-père étaient horticulteurs.

J’ai aussi un peu de mal à être dans un bureau, donc le fait qu’on soit souvent dehors est aussi important pour moi. Si vous prenez l’exemple de Vaux-le-vicomte, je travaille tous les jours dans un écrin, c’est agréable.

Il y a des visiteurs qui vous posent des questions sur les jardins, vos secrets  ?
Oui, mais il y a plus vraiment de secrets, il y a plutôt des astuces. Le secret : si vous voulez avoir un jardin propre, il faut s’en occuper, il faut donc du temps. Dans un jardin à la française, il faut y passer encore plus de temps. Au sujet des visiteurs, un autre des points agréables de Vaux-le-Vicomte, est que nous avons avec eux un très bon contact.

Plan jardins Vaux-le-Vicomte
Plan jardins Vaux-le-Vicomte

Copyright visuels Vaux-le-Vicomte

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