Oh ! les bons vieux dictons de nos grands-parents, écrivait Le Briard, almanach républicain de Seine-et-marne, en 1900, comme avec leur foi superstitieuse ou leur philosophie résignée, ils résonnent encore gaiement à nos oreilles. Mais, hélas, ils s'en vont un peu chaque jour dans l'oubli du passé.
Cette constatation serait encore plus consternante de nos jours, surtout avec les bouleversements qu'a connu le calendrier.
C'est pourquoi, reprenant le flambeau presque séculaire du Briard, nous avons le plaisir de présenter aux internautes, quelques-uns de ces dictons d'autrefois, avec la certitude qu'ils seront heureux de les lire ou de les apprendre.
Cette fois-ci, nous présentons les dictons consacrés aux mois d'Avril et de Mai, et nous poursuivrons cette rubrique dans les mois suivants, avec la revue Notre Département.
Il parait que les orages d'avril étaient encore favorables à la maturité et à l'abondance du raisin. Le proverbe disait en effet :
S'il tonne en avril,
Vigneron, prépare ton baril.
Mais il gèle plus souvent qu'il ne tonne, ce qui n'était pas trop désagréable puisque, suivant le dicton :
Il n'est si gentil mois d'avril
Qu'il n'ait son manteau de grésil.
En ce mois, les travaux des champs sont poussés avec ardeur, et le dicton est là, qui prévient le laboureur :
A la Saint-Georges,
Sème ton orge ;
A la Saint-Marc,
Il est trop tard.
Le bon sens populaire se trouve encore dans les proverbes de ce mois qu’on en juge par le suivant :
Tout durant l'avril
Ne retire pas un fil
Mais en mai,
Retire ce qu’il te plaît.
Ce qui est parfaitement vrai, car chacun sait (ou devrait savoir) que
Mars venteux, avril pluvieux
font mai gai et gracieux.
Avril nous a ramené les oiseaux. C'est la saison des nids. Un dicton, spécialement consacré à la pie, nous dit :
A Pâques fleuries
La pie fait son nid.
A Pâques rouges
Les petits sont rouges.
A l’Ascension
Les petits s'en vont.
A la Pentecôte
Il reste les crottes.
L'avril pluvieux nous promettait un mai gai et gracieux, mais cette prédiction ne se réalisait pas toujours. Nos bons paysans briards n'en prenaient pas trop souci, car ils savaient que
Frais mai et chaud juin
Donnent pain et vin.
Et encore que :
Mai frais et venteux
Fait l’an plantureux.
Un mois de mai qui n'était ni frais ni venteux, n’entamait pour autant, ni leur optimisme ni leur gaîté car :
Du mois de mai, la chaleur
De tout l’an fait la valeur,
Et encore :
La rosée du mois de mai
Rend le laboureur bien gai.
Déjà la frondaison nouvelle était en pleine activité ; si quelques gelées tardives causaient l'effroi des cultivateurs, ils se rassuraient en affirmant :
Après la Saint-Urbain,
Plus ne gèlent ni vin, ni pain.
C'est également l'époque où la lune rousse, cette coquine, fait souvent des siennes, aussi :
Quand la lune rousse est passée,
On ne craint plus la gelée.
|