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Les vieux dictons
Décembre - janvier
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Les dictons Gâtinais : Avril-Mai - Juin-Juillet
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Voici le bonhomme Hiver avec son blanc manteau ; toutefois un dicton rassurait un peu les bonnes gens en affirmant que :
Il ne fait pas dans la Avents
Ni trop de pluie ni trop de vent.
À en croire ce proverbe, les années d'abondance étaient certainement rares :
Dans l'Avent, le temps chaud,
Remplit caves et tonneaux.
Mais voici Noël dont on devait craindre l'humidité, car :
Les jours de Noël humide
Donnent greniers et tonneaux vides.
Un autre dicton affirmait cette trinité :
Tel est Noël,
Tel est l'an,
Tel est la Saint-Vincent.
En revanche, c'était grande chance s'il neigeait le lendemain de la Nativité, puisque :
De Noël s'il neige au lendemain
Les aires sont chargées de grain.
Il fallait de la neige, certes, mais à condition qu'elle ne restât pas trop longtemps car :
Huit jours de neige, c'est fumure,
Huit jours au delà, c'est pourriture.
Malgré les mauvais jours, le laboureur se consolait aisément en songeant que :
Hiver sitôt qu'il est trop beau
Nous promet un été plein d'eau.
Or, il était préférable pour lui que décembre fût triste et que juillet fût beau, car le dicton lui murmurait à l'oreille :
Quand de froid, décembre est chiche
Le paysan n'est pas riche.
En décembre, les jours augmentent, insensiblement il est vrai, mais enfin ils augmentent et le dicton le déclarait ainsi :
À la Sainte-Luce
Le jour croît du saut d'une puce.
En vérité, les jours n'augmenteront d'une minute que trois jours plus tard, à la Sainte-Adélaïde, mais essayez donc de trouver une rime à celle qui fut reine d'Italie, puis impératrice d'Allemagne !
Malgré tout, les jours continuent leur paisible augmentation puisque :
Aux Saints Innocent,
Le jour croît fort doucement.
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Janvier était le mois des vignerons par excellence ; aussi beaucoup de proverbes les concernaient. Quoi de plus naturel puisque c'était le mois du saint protecteur de la vigne !
En voici un dicton bien connu, sinon rigoureusement exact :
Si le jour de Saint-Julien est trouble
Il met le vin au double.
En revanche, les vignerons craignaient tout particulièrement deux saintes qui pouvaient leur jeter un froid :
Si le gel de Sainte-Hortense
Met le vigneron en transe
Le gel de Sainte-Césarine
Le pousse à la ruine.
Est-ce par misogynie, mais les confrères de Saint-Vincent leur préféraient nettement Ildephonse (ou Alphonse). Mais si Julien devait être trouble, Ildephonse (ou Alphonse) se devait d'être beau, car :
Si le jour de Saint-Ildephonse,
Le soleil clair et beau
Luit aussi grand qu'un chapeau,
Faut prendre garde à ton tonneau
Si tu veux pas qu'il défonce.
Tout dépendait, il est vrai de la taille du chapeau...
Ces vieux dictons nous confirment que le gel était le pire ennemi du vigneron qui, il est vrai, ne connaissait pas encore le phylloxéra :
Gelée du jour de Saint-Fructueux
Rend le vigneron malheureux.
Il ne faut surtout pas confondre le saint Fructueux (évêque de Tarragogne, martyrisé en 259) fêté le 21 janvier, avec le saint Fructueux (archevêque de Braga (Portugal), mort en 665) célébré le 16 avril.
Ce qui n'empêchait pas que les gelées du 16 avril rendissent les vignerons encore plus malheureux que celles du 21 janvier, tant il est vrai que plus les gelées sont tardives, moins les récoltes sont... fructueuses !
Heureusement, le lendemain pouvait atténuer le mauvais effet de la veille :
À la Saint-Vincent
Le vin monte au sarment ;
Ou, s'il gèle, il en descend.
Plusieurs dictons étaient consacrés à la fête des vignerons :
Prends garde au jour de Saint-Vincent,
Car si ce jour tu vois et sens
Que le soleil soit clair et beau,
Nous aurons du vin plus que d'eau.
Le contraire veut dire encore la même chose, (ainsi tout le monde était content !), puisque dans les environs de Coulommiers, on disait communément :
S'il pleut à la Saint-Vincent
La grappe monte au sarment.
Voici quelques autres dictons de janvier fort connus, mais d'un ordre plus général :
À la Saint-Antoine
Le jour s'allonge d'un repas de moine.
Il faut bien le constater, depuis la Sainte-Luce, les jours ont crû de trente minutes !
À la Saint-Vincent
L'hiver s'en va s'il ne reprend,
Tout gèle ou se détend.
Affirmation confirmée par :
À la fête du bon Saint-Pierre
L'hiver nous quitte ou se resserre.
Enfin, un dicton du mois de janvier présentait une énigme météorologique... et des prédictions assez peu enthousiasmantes.
Qu'on en juge :
De Saint-Paul la claire journée
Nous dénote une bonne année.
S'il fait vent, nous aurons la guerre.
S'il neige ou pleut, cherté sur terre.
Si on voit fort épais les brouillards
Mortalité de toutes ports.
Était-ce le 15, consacré à saint Paul ermite, ou le 25, consacré à la conversion de saint Paul ? Les auteurs les plus autorisés penchent pour la seconde hypothèse.
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D'après Le Briard , almanach républicain
1900 et 1901
N.D.L.R. : Afin que nos lecteurs puissent contrôler la véracité de ces vieux dictons (et nous les prions de nous faire part de leurs observations), nous leur rappelons les dates des fêtes, telles qu'elles étaient autrefois :
Décembre : Avant , à partir du 1er, Luce (ou Lucie) le 13, les Innocents le 28.
Janvier : Julien le 9, Hortense le 11, Césarine le 12, Antoine le 17, Fructueux le 21, Vincent le 22, Ildephonse (ou Alphonse) le 23, Pierre le 31.
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Article extrait de Notre Département La-Seine-et-Marne n°34
Couverture : peinture de Zett Michell, Scène de Labour en Brie. |
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