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La bataille de la Marne en terre briarde
3-9 septembre 1914
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Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.
Charles PEGUY
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Aquarelle de Pierre Conrad (Musée de la gendarmerie. Melun ) |
Le 3 septembre 1914, un officier français effectue une reconnaissance en direction de Lizy-sur-Ourcq et de Meaux . Il aperçoit vers le nord-est des nuages de fumée qui marquent le passage des colonnes allemandes brûlant les villages et il apprend que des patrouilles de uhlans sont venues reconnaître le Plessis-Belleville et Penchard .
Le même jour, une reconnaissance aérienne signale vers Etrepilly le mouvement d'une colonne allemande longue de 16 km dont la tête a franchi la Marne et atteint Trilport ...
Depuis l'ouverture des hostilités, le 2 août, l'aile droite - 1ère armée général von Kluck, 2ème armée général von Bülow et le centre, 3ème et 4ème armées - des forces allemandes ont traversé la Belgique et le Luxembourg repoussant devant elles l'aile gauche des forces françaises (5ème armée général Lanrezac) et le corps expéditionnaire britannique.
Pour éviter un débordement, Joffre a créé le 25 août une 6ème armée (général Maunoury) sur la Somme. A la même date, il a décidé que le repli s'arrêterait sur cette rivière et sur l'Aisne. Mais une défaite anglaise au Cateau et le sort indécis de la bataille de Guise l'on amené, fin août, à prolonger le repli jusqu'à la ligne Seine - Aube.
De leur côté, les Allemands ont abandonné un plan initial qui devait les conduire à l'ouest de Paris pour enrouler toute l'armée française. Ils ont obliqué vers le sud, début septembre, leurs éléments les plus à l'ouest suivent la ligne Senlis- Meaux. Ce sont eux que les officiers français ont aperçu le 3.
Les étapes successives
de l'avance Allemande
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Quand, le 4 au matin, au G.Q.G. français, on est définitivement fixé sur le changement de direction des Allemands, Joffre constate que le front français forme un vaste arc-de-cercle enveloppant par rapport à l'ennemi.
Il décide donc de bénéficier sans tarder de cette situation favorable en arrêtant le repli et en passant à la contre-offensive le 6 septembre sur deux directions :
- l'une ouest-est au nord de la Marne (6ème armée Maunoury qui le 5 se rapprochera de l'Ourcq),
- l'autre sud-nord dans la Brie et la Champagne (Anglais, un corps de cavalerie, 5ème armée passée aux ordres de Franchey d'Esperey, 9ème armée aux ordres de Foch).
Pour être appliquée, la décision exige la coopération des Anglais, incertaine puisqu'il n'y a pas de commandement unifié.
Dans la 6ème armée qui se met en marche vers l'est le 5 au matin, une brigade de réserve a été entièrement mise sur pied en Seine-et-Marne : c'est la 110ème qui comprend trois régiments d'infanterie : le 231ème de Melun, le 246ème de Fontainebleau, le 276ème de Coulommiers. Dans ce dernier régiment, une section est commandée par le lieutenant Charles Péguy. Engagée en Lorraine, puis sur la Somme, cette brigade a retraité sur Paris et quand, le 4 au soir, Maunoury a dit aux Briards : finie la retraite, demain mes enfants, en avant ! ils n'ont pu le croire.

Après la bataille : emplacement des lignes allemandes. |
Le 5 septembre, la chaleur est forte. Elle rend pénible la marche sur les chaussées pavées. Quand, vers midi, la division à laquelle appartient la brigade briarde (246ème en tête) atteint son objectif de la journée, la ligne Montgé - Villeroy, elle reçoit l'ordre de pousser sur celle Saint-Soupplets - Monthyon - Penchard. C'est 4 km de plus à parcourir par une troupe déjà harassée et qui sait que plus elle va vers l'est, plus elle a des chances de rencontrer un ennemi que l'on flaire, mais dont on ignore la position exacte.
A 12 h 30, les clairons sonnent aux faisceaux, les patrouilles de tête s'engagent sur la route de Monthyon.
Soudain des détonations ébranlent l'atmosphère, des projectiles tombent sur Iverny, les balles claquent.
La bataille de l'Ourcq et même celle de la Marne est engagée. En vérité, elle l'est contre le gré des commandements adverses. Pour Joffre, l'action de flanc ne devait se produire que le 6, en même temps que l'action principale.
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Article extrait de Notre Département La-Seine-et-Marne n°8
Couverture Aquarelle de Pierre Conrad, Recloses, un élément du retable. |
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