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La Seconde Guerre mondiale
Pierre Martellière
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Le 3 septembre 1939, à 17 heures, la France déclarait la guerre à l'Allemagne. Aussitôt des avions français décollaient pour effectuer des reconnaissances au dessus du territoire ennemi. Dans l'un de ces appareils se trouvait le caporal Pierre Martellière, du groupe 1/14 de la 14ème base aérienne de Mourmelon-le-Grand. Il effectuait sa seconde mission en moins de 24 heures.
Né le 4 septembre 1918, Pierre Martellière exploitait, avant d'être appelé sous les drapeaux, avec son frère la ferme de Boôlot (propriétaire le comte Louis de Boisgelin) à Voulton (canton de Villiers-Saint-Georges).
C'était un garçon dynamique, audacieux, un peu casse-cou, mais sympathique et généreux. Il n'était heureux que parmi les siens, parmi ses camarades de régiment et parmi ses nombreux amis, notamment ceux de la J.A.C. dont il était le secrétaire actif. Il les édifiait tous par sa piété et se faisait aimer par l'affabilité de son caractère, sa simplicité et son affectueux dévouement.
Il aimait la terre et rêvait de la faire aimer. Il était l'un des très rares jeunes pilotes civils de Coulommiers parvenus à se faire admettre dans les rangs du personnel navigant. Naturellement, a écrit M. Letellier, son camarade d'aviation populaire de Quincy-Voisins, il n'était pas devenu pilote militaire, mais simplement mitrailleur : généreusement on lui avait concédé la place du mort !
L'avion dans lequel il avait pris place fut attaqué par la chasse allemande, vers midi, au dessus de Kaiserslautern. Il fut criblé de balles de mitrailleuses et son équipage sérieusement atteint. Le pilote réussit quand même à se poser à Domrémy sans casser du bois.
Contrairement à ce qui fut dit à l'époque, les blessés ne furent pas immédiatement transportés à l'hôpital Gama de Toul. Ils durent attendre un colonel, afin de lui faire leur rapport. Or, à la suite de ce contretemps, nous a dit son frère, Pierre Martellière ne fut transporté à l'hôpital qu'à 17 h, alors qu'à 15 h il était encore opérable avant que ne se déclanchât la crise d'urémie qui lui fut fatale et malgré tous les soins dont on l'entoura, il décéda le 9 septembre après une longue agonie, ayant généreusement offert à Dieu le sacrifice de sa vie pour le salut des siens et de la France.
C'est ainsi que notre département a le douloureux privilège de compter parmi ses enfants le premier mort français de la Seconde Guerre mondiale.
R.C.P. |
Article extrait de Notre Département La-Seine-et-Marne n°8
Couverture Aquarelle de Pierre Conrad, Recloses, un élément du retable. |
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