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Promenade dans le passé à Provins
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En savoir plus sur Provins
Il nous a semblé préférable, plutôt que de présenter des textes contemporains, de vous inviter à une promenade dans le passé provinois, un passé relativement proche, puisque les présentations de Provins et la visite de la cité médiévale, qui vont suivre, sont de 1923. Nous avons substitué aux clichés traditionnels, des illustrations, plus récentes (en majorité de 1962 à 1965), qui sont pour la plupart inédites.
Notre Département
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La ville de Provins, dont les ruines moyenâgeuses s'étagent en amphithéâtre aux flancs d'un coteau couronné par la Tour de César, l'église Saint-Quiriace et les restes de l'ancien palais des comtes de Champagne, est située dans un pittoresque paysage où serpentent les deux rivières, la Voulzie et le Durteint, au centre d'une région riche et fertile. Aussi, ses marchés sont-ils très fréquentés et il s'y fait un important commerce de grains et autres produits agricoles ; la culture maraîchère y tient également une grande place.
Les vignerons de la ville haute qui, jadis, se défendirent vaillamment contre les armées assiégeantes d'Henri IV, ont légué à leurs descendants l'amour de leur cité ; par contre, le vignoble a pour ainsi dire complètement disparu, et les riants coteaux environnants ont quitté leur parure de pampres pour se couvrir de blondes moissons.
La vie industrielle n'y est pas très florissante, si l'on en exclut les mines d'argile dont l'exploitation a pris cependant quelque extension au cours de ces dernières années, ainsi que les moulins à farine et les quelques usines hydrauliques de ses vallées.
Encore, les Provinois ont-ils craint un moment l'abolition de ces forces nouvelles, par suite de la captation de leurs rivières par la ville de Paris, dont les travaux sont actuellement en cours d'exécution.
Heureusement, ces craintes ne se réaliseront pas, grâce à la restitution en eau de Seine des sources dérivées.
Cet essor industriel qui lui manque, Provins l'eût peut-être acquis, si la grande ligne de chemin de fer Paris à Belfort l'eût desservie directement. Mais elle s'en trouve séparée par un embranchement de sept kilomètres, et cette incommodité a porté le plus grand préjudice à son développement.
La ville de Provins a cependant une ambition légitime : à défaut d'être une gare de grande ligne, elle aspire à devenir une station de tourisme appréciée, en raison de sa situation sur la route nationale de Paris à Bâle, et grâce à l'extension toujours plus grande de l'automobilisme.
Le Comité d'Initiative s'emploie activement à la faire connaître. Dans ce but, il songe à rénover son industrie hôtelière.
La disparition prochaine du principal hôtel de la ville, qui va être remplacé par la succursale de la Banque de France, a mis à l'ordre du jour la création d'un hôtel moderne, et il lui est permis d'espérer que, dans un avenir prochain, elle pourra recevoir dignement ses visiteurs, dont le nombre ne peut que s'accroître de jour en jour.
F. AUGE
maire de Provins
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Provins, Cité des Roses
Ainsi que Fontainebleau, Provins a ses gloires et ses beautés.
Dès le Moyen Age, tenue pour image de Jérusalem, cette ville offre encore au visiteur moderne maintes traces de sa splendeur passée.
Ses remparts, proches de Paris, lui ont mérité le nom de Carcassonne du Nord . Leur enceinte, outre des foires fameuses, a vu un hôtel des monnaies carolingien, des draps célèbres tissés dans ses souterrains, des cuirs trempés au Durteint et à la Voulzie : 60 000 âmes, la plupart artisans, mais dont l'oreille a tinté des leçons d'Abélard et des causeries littéraires de la cour des comtes de Champagne.
Le nom d' Agendicum a été longtemps disputé par Provins et Sens. Le nom de Provins ( Probinum, Provinum ), déjà connu au XIIIème siècle, semble dû à l'empereur romain Probus, qui y séjourna et lui rendit le droit de cultiver la vigne.
Dès le Xème siècle, et pendant trois cents ans, le gouvernement indépendant des comtes de Champagne et de Brie a fait de Provins, aux dépens de Troyes, la capitale d'un vrai petit royaume.
A Thibaut III nous devons l'église Saint-Ayoul, l'Hôtel-Dieu, ancien palais des comtesse et enfin les célèbres foires. Ces foires attirèrent le nord et le midi de l'Europe, grâce à son petit-fils Thibaut IV le Grand, qui imprima un nouvel essor à l'industrie locale. Le palais des comtes (collège actuel) et la basilique de Saint-Quiriace, dominant toute la région, sont les principaux exploits de son fils, Henri le Libéral. Ceux de son petit-fils, Thibaut VI le Chansonnier, ont dépassé tous ses devanciers. Outre sa gloire poétique, il a bâti les remparts de la ville basse, le monastère des Cordelières (hôpital général) et aurait rapporté des Croisades, la rose populaire, rivale de la rose blanche d'York (guerre des deux Roses) introduite au blason d'un Lancastre, éphémère gouverneur de Champagne, comme époux de la veuve du comte Henri le Gros. Qui ne sait le nom de Provins, cité des rosés ?
Le règne de Thibaut VI marque l'apogée de cette ville. Il a mis Provins au troisième rang du royaume de France, après Paris et Rouen. Par lui, se multiplie la renommée industrielle (coutellerie, laines, cuirs, noir de Provins balançant l'écarlate de Gand). Les monnaies provinoises, avec les poids et mesures, s'imposent hors des frontières.
Voici l'inévitable déclin. Des impôts levés par Henri le Gros et par Philippe le Hardi, dont le fils, Philippe de Bel, était fiancé à l'héritière de Champagne, le zèle du maire, Guillaume Pentecôte, à percevoir ces taxes, zèle expié de sa mort mais vengée par Lancastre, autant de fléaux de la population, des industries et des foires. Dernière cause enfin de la fortune ruinée de Provins, l'union de Philippe le Bel entraînant la réunion à la couronne de France.
Dès lors, l'histoire de cette ville est fort réduite. Elle a subi la guerre de Cent Ans et l'invasion anglaise lui a laissé quelques noms : Brèche, Pâté, Fosse-aux-Anglais , et enlevé des manuscrits et des artisans de laines auxquels Manchester est redevable de son extension commerciale.
Des guerres de religion, l'événement notable est la prise de la ville ligueuse par Henri IV (1592). La Fronde, et deux siècles après, les guerres bonapartistes (1814 et 1870) n'ont guère donné lieu, dans la vie de Provins, qu'à des épreuves économiques. Elle a eu la chance, enfin, d'échapper à la dernière invasion allemande, si féconde en horreurs aux environs même. Le maréchal Pétain, en y fixant son grand quartier général en 1918, lui a redonné un lustre nouveau.
DEBUISSON
Président de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Provins
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Le 23 août 1918, dans la cour du quartier Montereau, Raymond Poincaré, président de la République, confère la médaille militaire au général Pétain, en présence de Georges Clemenceau, président du Conseil. |
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Article extrait de Notre Département La-Seine-et-Marne n°19
Couverture Pastel de Thierry Gaudry, Vue sur fenêtre à Provins |
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