Le gérant de la société Equestrio nous en dit plus sur le concepteur des machines médiévales du spectacle, Renaud Beyfette, et sur ses œuvres.
Pourriez-vous nous parler de Renaud Beyfette, le concepteur des machines de guerre ?
C'est quelqu'un de généreux. Il a vraiment un talent fou. C’est l’un de ces derniers passionnés puristes de l'époque Médiévale et de la Renaissance. Il a 62-63 ans. C'est un voyageur dans l'âme. Il est actuellement en Vendée, sur le site de Tiffauges, très joli site du château de Barbe-Bleue, où il a remis en vie bon nombre de ces machines. Il les présente d'une manière un peu différente de la nôtre. Il part en Syrie dans quelques jours. A la base, il vient de Castelmoron (42). C’est une personne énormément demandée pour des tournages, pour le cinéma, même pour de riches personnes qui veulent se faire plaisir à travers ce genre de machines. Il approche de la retraite si on peut dire, mais je ne crois pas qu' il s'arrête un jour.
Comment est-il parvenu à recréer ces machines ?
Pendant des siècles et des siècles, beaucoup ont essayé de les reconstruire, mais en vain. Renaud a réussi à retrouver l'unité de mesure. Il faut savoir que ces machines ont été faites à l’aide de plans qui n’étaient pas élaborés en centimètres. Les unités de mesures n'ont pas été transmises. C'étaient des dessins et des symboles. Il a fallu retransmettre ces symboles de façon à les retrouver. Et c'est une chose que Renaud a réussi à faire avec talent. Il a reproduire toutes ces machines, qui tirent réellement. Et aucun anachronisme n'a été fait, ce sont vraiment des constructions à l'ancienne. Renaud est quelqu'un qui a collaboré pour 10 à 15 sites en France. Toutes les machines ne tirent pas partout. Mais ici, à Provins, on a la chance de voir toutes ces machines en action, régulièrement. Et elles tirent quasiment tous les jours.
Comment l’avez-vous rencontré ?
J'ai eu beaucoup de chance. Je l'ai rencontré il y a environ vingt-cinq ans. Je travaillais encore au Puy du Fou, sur les spectacles. Et depuis on se côtoie. J’ai eu l'occasion de voir toute son évolution, et lui la mienne. Et puis là on a eu le plaisir de se retrouver sur ce site, pour faire marcher toutes ces machines de guerre.
Combien de temps Renaud Beyfette met-il pour fabriquer ces machines ?
Renaud est un passionné, donc pas forcément pressé (rires). Je ne peux pas donner vraiment de notion. En règle générale il fait 5 machines par an. Cette année il en a fait 7. C'est un record.
Quel(s) type(s) de bois est (sont) utilisé(s) pour ces machines ?
Le bois est variable en fonction de l'utilisation. On prend du chêne pour tout ce qui ne doit pas bouger, ce qui doit être très résistant. Et par contre pour les mâts, on utilisait du frêne, des bois un petit peu plus souples, qui tolèrent d'être arqués.
Comment ce(s) bois est (sont)-il(s) traité(s) ?
Les bois ont été stockés de nombreuses années. Ils ont 30-40 ans. Ils ont peut-être été coupés par nos pères, ou nos grands-pères. Ils vont être utilisés seulement maintenant pour ces machines, pour diverses raisons. Il fallait d’abord rendre ce bois imputrescible, à l’époque c'était le grand-père qui coupait le bois. Il était immergé dans des mares, de façon à ce qu’il s'épure de toutes les sèves pendant quelques années.
Après il était sorti de là, il était mis au sec. Et il y restait environ une vingtaine d’années. Et seulement au bout de cette durée le bois était devenu imputrescible et pouvait être travaillé.
Voir aussi l'article sur la Bataille des Remparts
Plus d’informations sur Renaud Beyfette sur www.armedieval.com et sur Equestrio sur www.equestrio.fr
Sophie Olejniczak – Juillet 2006
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