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Interview de Chantal Villeneuve,
Responsable de la Communication de l'aquarium Sea-Life
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L'Aquarium Sea-Life Val d'Europe propose depuis début avril une nouvelle exposition, consacrée aux tortues de mer, prévue jusqu'à fin févier 2007, et qui pourrait être prolongée. Nous avons rencontré Chantal Villeneuve, Responsable de la Communication de l'aquarium. Elle nous parle de l'exposition, des tortues, de la campagne de sauvegarde de cette espèce, lancée prochainement.
Après l'exposition sur les pieuvres, vous venez de lancer, début avril, celle sur les tortues de mer, et, à venir, celle des muresnes, en mai prochain. Comment se met en place de telles expositions au niveau de l'aquarium ?
Ce sont des expositions tournantes avec les autres centres Sea Life. Les espèces sont transférées à la fin de chaque exposition vers d'autres centres. D'une manière générale, nous devons nous procurer les différents espèces en Angleterre. Ce qui peut prendre un certain temps, puisque il s'agit de matière vivante. Et les espèces ne sont pas toujours disponibles quand on le souhaite. C'est une organisation assez importante. D'autre part, la salle des expositions est une salle redécorée, réaménagée chaque année. Il y a un certain nombre de travaux qui se mettent en place le mois précédent le début d'une exposition. Selon les espèces, il est parfois nécessire de procéder au changement d'alimentation en eau. Cette année nous avons eu des pieuvres qui sont des espèces d'eau froide. Nous aurons en mai des murènes d'eau tropicale. Cela nécessite tout un changement pour passer de l'eau froide à l'eau chaude.
Pouvez-vous nous parler de la ferme pour tortues des Iles Cayman, d'où proviennent les trois spécimens de cette exposition ?
La tortue de mer vit dans toutes les eaux chaudes du globe. Il y a plusieurs organisations, plusieurs associations qui s'occupent des tortues et de leur sauvegarde, dont cette fameuse ferme des îles Cayman. Elle a pour objectif de repeupler l'île en tortues par une réintroduction des oeufs, les nids de ponte étant braconnés. D'autres facteurs mettent la vie des tortues en danger, comme la pollution. Il y a aussi une sensibilisation du public. Cette ferme reçoit des visiteurs et se charge de les éduquer sur la façon de protéger les tortues, sur le bien fondé de maintenir l'espèce en vie. qu'on ne puisse pas arrêter le commerce.
Comment s'est passé l'arrivée des tortues, leur mise en place dans l'aquarium tropical ?
L'arrivée des tortues s'est faite en camions. Au préalable, notre équipe de biologistes est allée en Angleterre suivre une formation pointue et poussée de quatre jours pour apprendre à manipuler, à soigner, à surveiller une tortue. Elles sont revenues dans des cages de bois, aérées bien sûr, enduites de vaseline pour éviter le déssèchement pendant le transport, car elles ne voyagent pas dans l'eau. Le voyage a duré environ sept à huit heures. A leur arrivée elles ont eu droit à un nettoyage avec un shampooing pour bébé, pour qu'il soit le moins agressif possible tout en enlevant la vaseline. Elles ont ensuite été mises en quarantaine pendant une nuit avant d'être transférées dans le bac tropical, où elles sont actuellement avec les requins.
Tortues et requins vivent donc ensemble. Comment se passe la « cohabitation ? »
Pour l'instant tout ce petit monde se porte à merveille, la cohabitation a l'air de bien se passer, il n'y a aucun problème de voisinage (rires). Malgré tout, nous avons dû nous séparer de deux gros requins gris, et les transférer dans un autre aquarium, sur la côte atlantique. Il y avait effectivement une possibilité de mésentente. Nous l'avons supprimé ou minimisée en retirant ces deux squales, qui étaient les moins compatibles.
Vous venez de nous expliquer le transport des tortues de l'Angleterre à la France. Et des Iles Cayman à l'Angleterre ?
C'est exactement le même processus. La différence c'est qu'au lieu de prendre le camion, elles ont pris l'avion. Et au lieu de durer sept à huit heures, le voyage a duré neuf à dix heures. Et là c'est pareil : il y des biologistes de notre équipe qui les ont accompagnées, suivies pendant le voyage et qui les ont récupéré à l'aéroport, pour ensuite les emmener au centre Sea Life de Wymouth, correspondant entre la ferme des Iles Cayman et le groupe Sea Life en Europe.
Les tortues ont bien supporté le voyage ?
Nous avons réalisé un petit reportage sur l'arrivée des tortues. Elles n'avaient l'air pas stressées. Elles se sont ensuite bien acclimatées au bac, après leur nuit de quarantaine. Elles semblaient tout à fait en pleine forme. Pour nous, c'est une vraie réussite.
Ces trois tortues vertes sont-elles nourries comme dans leur milieu naturel, à savoir d'algues marines, de méduses ou encore de poissons ? A quel rythme ?
Elles sont nourries deux fois par jour, le matin et l'après-midi, avec des algues, des poissons, et des substitus végétaux composés de salade, de brocolis, de choux vert. Elles ont aussi un complément avec le repas des requins, qui eux ne sont pas nourris tous les jours. Tout se fait directement dans le bassin. Le public peut donc y assister.
Comment animez-vous l'exposition ?
L'exposition est animée d'abord par un panneau d'information qui donne des explications sur le travail réalisé en commun avec la ferme pour tortues des Iles Cayman et Sea Life. Il donne également quelques caractéristiques générales sur ces spécimens. Dans le cadre de nos animations, nous introduisons un discours spécifique sur les tortues, qui va permettre de faire vivre l'exposition tout au long de l'année. Ensuite elle va évoluer, vivre en fonction de la campagne SOS que l'on va lancer d'ici un mois pour la sauvegarde d'espèces en voie de disparitation ou en danger.
A ce sujet, pourriez-vous nous parler plus en détail de cette fameuse campagne SOS en faveur des tortues de mer ?
Plusieurs éléments sont dangereux pour la tortue de mer. Il y a les nids de ponte, déplacés ou détruits, les sacs plastiques pris pour des méduses. Les tortues s'étouffent en les avalant. Ou encore le tourisme qui augmente avec, par exemple, les bateaux à moteurs qui blessent les tortues. Tout ça fait qu'un travail est organisé en collaboration avec une association qui s'appelle « Hearth, Sea and Sky », située dans les îles grecques, avec laquelle les centres Sea Life vont travailler. Elle a pour but de collecter des fonds pour créer un centre de soins et de sauvetage de tortues. La campagne Sea Life va donc reposer sur cette collecte, pour construire ce centre d'hébergement pour tortues.
Quelle est la durée moyenne d'une campagne ?
C'est quelques mois. Nous rassemblons toutes les signatures regroupées à travers tous les centres Sea Life, qui chaque année s'associent tous à la même campagne. Ces signatures sont remises soit à une association, soit au Parlement Européen pour renforcer ou mettre en place des lois en fonction des espèces ou des sujets que l'on a traité.
Avez-vous un écho favorable à l'égard de ces campagnes ?
Oui, très favorable. Il n'y a qu'à regarder le nombre de signatures que l'on recueille de la part des visiteurs. Ils sont très réceptifs au travail de sensibilation que nous pouvons faire à l'égard des espèces.
Mis à part les campagnes SOS et les pétitions au sein des aquariums, quels sont vos autres moyens d'actions pour sensibiliser le public à la sauvagarde des tortues, et donc de l'environnenement ?
Nous allons essayer de faire travailler des écoles ou des centres de loisirs sur ce thème là. Autre démarche à laquelle nous participons : la mairie de Serris organise un week-end éco-citoyen les 20 et 21 mai. Nous essayons de sensibiliser le jeune public. Le plus tôt il est éduqué, le mieux c'est.
Vous nous avez parlé des sacs plastiques, du braconnage des oeufs. Quel message pouvez-vous transmettre afin de sensibiliser la population à ce problème ?
Un moyen simple pour un visiteur. Dans la vie de tous les jours, s'il se retrouve sur une plage en Méditerranée, (certaines espèces de tortues marines se trouve en Méditerranée, notamment,en Grèce), c'est déjà d'éviter de mettre des sacs plastiques n'importe où. Il peut également participer à des actions éco-citoyennes, en consommant moins de sacs plastiques en en utilisant des sacs conçus pour préserver l'environnement.
Cliquez ici pour découvrir l'Offre Spéciale de l'Aquarium Sea-Life
Sophie Olejniczak - Avril 2006
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