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Interview de Philippe Hertel
Dirigeant de Vol Libre Production
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A l'occasion du spectacle « Les Aigles des Remparts » à Provins, nous avons rencontré Philippe Hertel. Il est dirigeant de Vol Libre Production, société spécialisée dans l'art de la fauconnerie.
Avez-vous toujours été passionné par les rapaces ?
Oui, et aussi par les chevaux. Mais je ne me destinais pas à devenir professionnel. A mon époque, il n'y avait pas de centres de formation, d'écoles spécifiques. J'ai fait mon service militaire dans une base où il y avait une section fauconnerie, pour faire chasser des oiseaux. Ils permettent d'éviter les collisions entre des pigeons, corbeaux, mouettes et autres vaneaux qui traversent devant les avions, rentrent dans les réacteurs et provoquent des accidents. Le meilleur moyen de les effaroucher, ce n'est pas de tirer dessus, c'est d'utiliser un faucon en chasse traditionnel. J'ai demandé à faire mon service militaire là-bas. J'y suis resté sept ans. Je suis devenu responsable du service pendant trois ans. Et puis on m'a recruté pour faire du spectacle.
Vous dirigez aujourd’hui Vol Libre. Quelle est l'origine de cette société ?
Notre société a été créée en 1998. A l'époque nous organisions des spectacles de rapaces, avec des chevaux, en-dehors de Provins. Nous existions dans cette ville mais nous vendions beaucoup de spectacles pour l'extérieur, aux fêtes médiévales notamment. Ce n'est que quatre ans plus tard que nous avons pris « Les Aigles des Remparts » à notre compte. A l'époque j'étais salarié de Vol Libre. Et puis notre employeur a décidé de quitter la société. J'ai donc repris les rennes de la structure en 2001. Ma femme s'occupe de tout ce qui est comptabilité et contrats, moi je gère l'aspect artistique et technique de la volerie et des spectacles.
Comment est né le spectacle « Les Aigles des Remparts » que vous jouez à Provins ?
La fauconnerie est présente au Moyen Orient, dans les pays de Mongolie, au Kasakstan où les Mercoutis (les Aigliers), avec l'aigle royale chassent encore le loup, le renard, le lièvre. Nous avons essayé de recréer un peu ces ambiances là. D'où la création de ce spectacle, dans lequel se succèdent des tableaux avec des Touaregs, Les Kazakhs, mais aussi un tableau fantastique et un autre féodal. Nous avons essayé de refaire vivre cette tradition qu'est la fauconnerie dans diverses époques et cultures.
Présenter un tel spectacle tous les ans nécessite certainement de le faire évoluer.
Bien sûr. Nous renouvelons les tableaux tous les deux ans. Le tableau kazakh existe depuis l'année dernière. La séquence fantastique, avec les Chevaliers Noirs depuis plus longtemps. A l'inverse de cette dernière, nous allons créer un tableau avec un Chevalier Blanc. Ce sera en quelque sorte un remake du noir et du blanc.
Dans votre spectacle on découvre des buses, des faucons, des chouettes, des caracaras, des vautours. Comment vous procurez-vous vos oiseaux ?
Certains sont nés en captivité dans des parcs ornithologiques. D'autres sont fournis par des sociétés privées qui sont des passionnées, surtout à l'étranger. On trouve beaucoup de fauconniers amateurs qui se lancent dans l'élevage en Angleterre, en Belgique, en Allemagne. Ils reproduisent des espèces comme les faucons, les aigles. Il suffit d'avoir des connaissances. On discute avec elles. C'est de cette façon que nous nous procurons nos oiseaux.

Combien d'espèces avez-vous ?
Au début de Vol Libre nous avions une trentaine d'oiseaux pour une activité qui ne représentait que les prestations à l'extérieur. Ensuite, bien sûr, nous avons acquis le spectacle « Les Aigles des Remparts », qui représente à lui seul environ 90 oiseaux. Nous en avons également un autre dans la Baie de Somme, « La Maison de l'Oiseau », à Cayeux-sur-Mer, qui rassemble 30 oiseaux. Ce qui fait, avec quelques oiseaux de reproduction qui sont chez nous, 154 oiseaux.
Vous n'êtes pas la seule société en France qui organise des spectacles de rapaces. Quels arguments pourriez-vous donner pour vous différencier ?
Il est vrai que ces voleries, il en existe dans les quatre coins de France et en Europe. Elles sont surtout sur un thème très pédagogique où vous avez un présentateur qui dit « Bonjour Mesdames Messieurs : nous allons vous présenter diverses variétés » et explique ce qu'est un aigle, comment il chasse.
Nous avons voulu un peu abandonné ça. Nous avons préféré donner un aspect plus traditionnel, en incluant des chevaux, en créant des personnages, ce qui dynamise davantage le spectacle.
Vous avez à Provins, en plus des « Aigles des Remparts », un spectacle intitulé « Les Aigles de la Nuit », prévu les 11 et 12 août prochains. Pourquoi avoir crée cette prestation ?
Nous sommes très spectacles. Et lorsque nous faisions des prestations à l'extérieur, les gens nous demandaient l'envol d'un aigle la nuit. Nous y avons réfléchi. Si les animaux étaient capable de le faire, cela pouvait être très joli. Ca change de dimension, la lumière n'est pas la même, ça prend de l'ampleur. C'est différent en tout cas.

Vous y faites apparaître des oiseaux nocturnes bien sûr, mais également des oiseaux de proie diurnes. Ce ne doit pas être facile de faire évoluer ces oiseaux.
Effectivement, ce n'est pas évident. Autant l'oiseau de proie voit parfaitement bien le jour, autant dans la pénombre il devient complètement myope. Il a du mal à évaluer les distances et à vous repérer. Il y a moins d'oiseaux que dans le spectacle de jour, c'est sûr. Nous avons sélectionné ceux qui s'adaptaient assez facilement à ces conditions là. Ce qui donne une vingtaine d'oiseaux.
Vous avez certainement été confronté à la crise de la grippe aviaire. Comment cela c'est passé pour vous ?
En tant que parc ornithologique, nous avons dû faire vacciner nos oiseaux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous connaissons leur nombre exact. Cependant, ils sont restés confinés plus longtemps dans leur volière, et nous avons pris du retard dans les entraînements. Mais nos oiseaux sont prêts à vous émerveiller pour une nouvelle saison. Que le spectacle commence !
Plus d'informations sur la société sur www.vollibre.fr
Voir également le reportage "Les Aigles des Remparts à Provins,
les dessous du spectacle"
Sophie Olejniczak – Avril 2006
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