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Jean-François Copé
"J’en ai assez de voir les gens s'essuyer les pieds sur les hommes du gouvernement "
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Le 10 juin dernier, Jean-François Copé, maire de Meaux, ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement, était à la Fnac Val d’Europe, pour une séance de dédicaces. Il présentait son livre, « Promis, j’arrête la langue de bois », paru fin mars dernier aux Editions Hachette Littérature. Entre deux signatures, nous lui avons posé quelques questions.
Ce livre, c’est une façon de sensibiliser les Français à la difficulté d'être dans la politique, à la difficulté de répondre à une obligation de résultat ?
Exactement. J'ai vraiment voulu écrire ce livre pour raconter les coulisses de la vie politique. Mais également pour que les gens se rendent compte de ce que représente le quotidien d’un homme politique de ma génération au sein du gouvernement, ce que c’est de vivre les crises. Je les ai racontées depuis l'intérieur. J'ai pris la crise sur la réforme des retraites, la crise des banlieues, la canicule. J'ai aussi donné des tas d'anecdotes et d'exemples concrets sur ce qu’est la vie de ministre, la vie d'un homme politique tout court. J’en ai assez de voir les gens s'essuyer les pieds sur les hommes du gouvernement, sans savoir ce que cela représente en réalité. C'est un engagement, on vit pour son pays. Si on ne fait pas attention, à un moment il n'y en aura plus assez.
Vous espérez ainsi réconcilier les Français avec la politique ?
Oui. Enfin l’idée c'est, à défaut de les réconcilier, au moins de leur montrer qu'il y a, derrière les images de la télévision, des hommes et des femmes qui se battent pour que ça bouge. Parfois ils le font maladroitement, mais ils le font de leur mieux.
Comment ce livre a-t-il été reçu par vos confrères ?
Plutôt bien en réalité. Mes collègues ont été plutôt contents qu'on raconte un peu ce qu'on vit les uns et les autres. C'est aussi une manière de partager les émotions, les épreuves.
Selon vous, comment faire pour mener une politique économique sans se préoccuper toujours des échéances électorales, ou des groupes de pression ?
C'est très difficile. C'est pour ça qu'il vaut mieux démarrer les réformes importantes au début du mandat qu'à la fin. Mais parfois on est pris par le temps, il y a l'urgence. Dans ces cas-là il ne faut pas hésiter à aller tout de suite au fond des choses et à les assumer. C'est ce que nous avons essayé de faire avec succès dans certains domaines, comme avec le CNE. Malheureusement, nous avons connu l'échec avec le CPE. Mais c'est la vie, c'est comme ça que ça marche. Des jours on gagne, des jours on perd.
Vous dites que le pays n'est pas assez autocritique. A l'UMP, sait-on se remettre en cause ?
Jamais assez. Je crois qu'il ne faut pas avoir peur d'assumer ses doutes et ses erreurs, à condition de ne jamais faire deux fois la même.
Sophie Olejniczak – Juin 2006
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