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Interview de Jean-Pierre Camuset
Co-auteur de « L’Affaire Fouquet, procès ou complot ? »
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Les soirées des 25 et 26 mars derniers le château de Vaux-le-Vicomte accueillait, dans son hall principal, la conférence-spectacle: « L’Affaire Fouquet, procès ou complot ? », écrit et imaginée par Jacques Dorrer, ancien Bâtonnier de Seine-et-Marne, et Jean-Pierre Camuset. Une pièce qui retrace le destin de Nicolas Fouquet, ancien surintendant de Louis XIV, condamné à l’emprisonnement à vie par ce dernier. Nous avons rencontré Jean-Pierre Camuset. Il nous parle du spectacle, de sa préparation.
Pouvez-vous vous présenter à nos Internautes ?
Je m’appelle Jean-Pierre Camuset. Je suis à la retraite. Pendant mon temps libre, je suis correspondant local pour le journal La Marne. C’est à cette occasion que j’ai rencontré M. Dorrer, ancien Bâtonnier de Seine-et-Marne. Ça fait maintenant 3 ans. Il est à la retraite également. Il fait beaucoup de conférences.
Vous avez écrit ce spectacle avec Jacques Dorrer. Comment vous est venue cette idée ?
M. Dorrer faisait partie des Amis de Vaux-le-Vicomte. Et puis un jour il a appris par M. De Vogüé, propriétaire du château, qu’il y avait des travaux à réaliser. Il s’est dit « Tiens, nous pourrions faire un spectacle bénévole au profit des Amis de Vaux-le-Vicomte ». C’est une goutte d’eau évidemment, mais d’un autre côté c’est avec les petits courts d’eau qu’on fait de grandes rivières.
Quand l’avez-vous crée ?
Il y a un an. Mais auparavant il a fallu demander l'autorisation à M. De Vogüe, propriétaire du château, et lire beaucoup de livres. On ne pouvait pas raconter n’importe quoi. Même si le spectacle est un peu romancé, cela reste historique. Depuis deux ans et demi je ne vous dis pas le nombre de livres que j’ai lu sur Colbert, Fouquet, La Marquise de Sévigné. A la suite de ça j’ai réalisé les textes qui viennent s’intercaler entre 5 tableaux dans la conférence de M. Dorrer.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ces 5 tableaux ?
Le premier tableau regroupe Louis XIV, Colbert et la Reine Mère. Ils discutent de la manière d'organiser le complot contre Fouquet.
Le deuxième est avec Pélisson, qui essaie d'apprivoiser une araignée. Il était avocat et grand ami de Fouquet. Il fut emprisonné en même temps que lui, à cause de cette amitié.
Dans le troisième tableau, il y a une scène entre Fouquet et d’Artagnan, à la Bastille. C’est lui qui a arrêté Fouquet le 5 septembre 1661. Il est souvent allé le voir pendant sa détention pour lui remonter le moral.
Le quatrième tableau se compose d’une scène avec la Marquise de Sévigné, amie intime de Fouquet. Il est subvenu aux besoins de beaucoup d'artistes vous savez, en leur octroyant des bourses. On voit donc la Marquise discuter avec son ami La Fontaine, et à un autre moment, avec le juge d'Ormesson, le seul juge que Colbert n’a pas pu acheter. C'est le dernier tableau.
Et cette conférence-spectacle, comment s’organise-t-elle ?
Jacques Dorrer va dire ce qu’il pense vraiment du procès et de certains juges comme Talon, achetés par Colbert et d’autres, comme d'Ormesson, qui ont été des personnes intègres. Cette conférence-spectacle dure 1 h 30, M. Dorrer va intervenir pendant une heure, tous les quarts d’heure environ.
De quels moyens avez-vous disposé pour financer ce spectacle ?
Je ne cache pas qu’il fallait limiter les frais. Nous sommes tous bénévoles. Nous voulions dépenser le moins de façon à ce que ça rapporte un maximum. Les costumes nous ont été prêtés par la ville de Meaux, l’estrade par le député Bouillonnois. Il a fallu prendre les contacts. C'était beaucoup de démarches. Mais de voir tous ces gens qui se sont investis, cela fait plaisir.
Vous êtes accompagné de Magda Hadnagy, metteur en scène, et des comédiens de la MFC de Meaux. Comment est née cette collaboration ?
C’est ce qui était prévu au départ. Nous devions réaliser ce spectacle avec Magda et les comédiens du Théâtre Gérard Philippe. Mais cela n’a pas fonctionné. Il a alors fallu trouver rapidement d’autres comédiens, en janvier, et un nouveau metteur en scène pour diriger le tout. Et c’est comme ça que nous avons collaboré avec les comédiens de la MJC de Meaux.
Les bénéfices seront reversés à l’Association des Amis de Vaux-le-Vicomte, association consacrée à la sauvegarde du château. Est-ce que une façon pour vous de participer à la protection du patrimoine ?
Tout à fait, oui. L’objectif de cette conférence-spectacle est de faire parler des pièces jouées au château. Nous envisageons la création d'un théâtre à Vaux-le-Vicomte d'ici un ou deux ans. S’il y a des pièces toute l’année, ça pourrait être sympathique. Nous pourrions ainsi aider davantage à sa protection.
Mars 2006 - Sophie Olejniczak
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