| Le Buffalo Bill’s Wild West Show est le plus grand show permanent européen et aussi le plus grand spectacle Disney dans le monde.
Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre activité au sein du spectacle ?
Je m’appelle Marc Sublet, je suis régisseur général au Buffalo Bill’s Wild West Show, depuis 9 ans. Je suis arrivé au départ comme régisseur son.
Mon poste sur ce spectacle consiste à l’opérationnel quotidien, c'est-à-dire, préparer le show à J-1 : la liste des indiens, des cow-boys… qui vont travailler, cela permet d’établir un « scening » (une feuille), remettre ensuite cette liste aux « horses trainers », les personnes qui s’occupent des chevaux, enfin attribuer les chevaux à chaque personne pour former les équipes. Cette même feuille va au « costuming », en fonction des couleurs qui correspondent aux quatre tranches de répartition des spectateurs (les jaunes, les verts, les bleus et les rouges), les costumes sont donc préparés en fonction de ces mêmes couleurs.
Le spectacle étant interactif, les personnes présentent lors de chaque représentation sont dans des équipes, il y a des jeux qui font qu’une équipe gagne ou non.
Tous les jours, la base du spectacle est la même, comment organise-t-on son travail en fonction de cette donnée ?
Oui c’est tous les jours le même spectacle, mais tous les jours il y a des imprévus : des personnes qui peuvent être malades ou blessées, il faut donc les remplacer, parfois en dernière minute. Nous préparons le spectacle à j-1, mais il y a toujours des surprises le jour j. En ce qui me concerne à la régie, nous sommes obligés de réagir et de nous adapter et nous communiquons les changements aux différents postes concernés que ce soit par téléphone ou via des talkies...
On s’adapte donc à l’environnement humain. Nous devons nous adapter à tous les impondérables : cheval qui se blesse, panne… C’est impossible, qu’il n’y ait pas d’impondérable pour un tel show, en 10 ans je n’ai jamais vu une journée identique, c’est ce qui rend le travail intéressant. Le spectacle a aussi un peu évolué au niveau de la technique au fil des ans, beaucoup plus qu’artistiquement, le script lui a été scellé dans une trame qui fonctionne très bien au niveau de l’interactivité donc nous travaillons beaucoup plus sur l’aspect technique avec notamment l’évolution de l’informatique : exemple les drapeaux qui tombent étaient gérés avant de manière électrique, maintenant c’est géré informatiquement, mais nous avons toujours un opérateur, le show étant en live.
Comment gère-t-on un spectacle en live tous les soirs ?
Le spectacle « vivant », c’est quelque chose qui est dans l’instant T, si on compare avec une autre industrie artistique comme le cinéma, un film si une prise est ratée, on a toujours le moyen de revenir en arrière. Dans le spectacle vivant, il faut que ce soit le plus parfait possible et envisager toute problématique qui pourrait survenir : technique ou artistique.
Nous avons eu par exemple une fois un problème avec les bisons, il y a toute une scène à supprimer, il faut donc connaître exactement quand nous sommes à la régie, tout ce qui se passe avant et après cette scène, toutes les transitions lumières, sons, costumes… sans aucune hésitation, le spectacle devant continuer sans interruption.
Il y a aussi des scènes plus dangereuses que d’autres, nous nous préparons aussi à toute éventualité sur ces passages. Mais il faut que cela reste toujours invisible pour les personnes qui viennent voir le spectacle.
Quelles sont les recettes de la durée du Buffalo Bill’s Wild West Show ?
C’est un show qui fait partie de l’ensemble Disneyland Paris, mais avec une première particularité nous sommes dans le Disney Village : les personnes qui viennent à Disneyland Paris, bien que nous ne soyons pas inclus dans le prix dans les billets des parcs, profitent, de leur séjour pour venir, après une journée d’attractions dans les parcs, passer un moment de détente pour voir le show tout en ayant la possibilité de dîner, puisqu’il s’agit d’un dîner-spectacle. Le tout avant de passer une bonne nuit dans les hôtels, puis une autre journée dans les parcs (rire).

Le succès vient aussi du côté interactif. C’est important pour les spectateurs car ils sont actifs, ils font partie du show, ils sont « acteurs » du show. Il y a aussi le fameux chapeau, qui est remis à chaque spectateur à l’entrée, c’est un objet incontournable du show, les personnes l’agitent dans tous les sens, en plus ils peuvent taper sur les tables et les assiettes (rire). On voit ces chapeaux dans l’Europe entière, en Espagne, en Suède… sur les plages arrière des voitures.
En plus de l’interactivité, la deuxième raison du succès est son authenticité, il y a de vrais indiens (des amérindiens) et de vrais cow-boys, ils viennent soit du Canada soit des Etats-Unis, la plupart du temps. Pour les indiens, il y a plusieurs tribus de représentées : des sioux, des crows, des navajos…
Pour les cow-boys, selon les années, nous avons un ou deux français mais ce sont des personnes qui ont baigné dans cette culture depuis tout petit. Les amérindiens ne font d’ailleurs pas la différence, par exemple le français actuellement dans le show a eu droit à une plume et un petit nom « petit loup », ce qui est très symbolique de l’acceptation de la personne comme étant intégrante à leur culture.
La première des qualités, que ce soit pour les indiens ou les cow-boys, ce sont leurs aptitudes équestres. Pour les cow-boys, il faut qu’ils sachent manier le lasso. Pour les indiens, le côté apparence est bien sûr important car nous sommes dans un spectacle visuel. Ici, ils gardent aussi un très fort ancrage dans leurs cultures. Même s’ils sont de tribus différentes, ils ont une culture commune, notamment au niveau des chants. Ils font eux même leurs costumes, leurs dream catchers (cercles tissés), cet objet en dit long sur leur culture : en français l’attrapeur de rêves. Pour nous européens, c’est une culture assez éloignée de la notre, c’est aussi ce qui fait le succès du show.
Aujourd’hui ça va être la 10 000ème, y aura-t-il des surprises ?
Oui, justement quand je vous parlais d’adaptation aujourd’hui est un bon exemple, les aménagements ont été préparés en amont au niveau technique : par exemple nous allons rajouter de la pyrotechnique, mais aussi un gros gâteau 10 00ème, il y aura aussi un aigle, des chants indiens.
Voir le reportage de TVSud 77 sur le spectacle
Voir le reportage photo de la soirée
Novembre 2007
|