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Zaza Fournier
« L'idée c'est de détourner les idées reçues qu'on a sur l'accordéon »
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Elle a participé Au Grand Journal sur Canal+ récemment. Elle est jeune et talentueuse. Son album sera dans les bacs le 13 octobre. Zaza Fournier, chanteuse-accordéoniste, s'est produite à l'occasion des Muzik'Elles le 28 septembre dernier, à Meaux, scène Tauziet.
Bonjour Zaza Fournier (ndlr : son prénom dans la vie est Camille). Peux-tu nous raconter tes débuts dans la musique ?
A la base je viens du théâtre, j'ai une formation de comédienne. J'ai fait trois ans de conservatoire. Je me suis mise à la musique tout d'abord pour moi. Il y a deux ans, j'ai fait les choses un peu plus concrètement. Je suis descendue jouer dans la rue. Ca a duré deux ans. J'ai commencé rue Beaubourg à Paris. J'en avais marre de faire des petits boulots alimentaires où j'avais l'impression de perdre un peu mon temps. Donc je me suis dit : « autant essayer de gagner un peu ma vie comme ça ».
Il se trouve que très vite ça a fait boule de neige. Je me suis retrouvée dans des bars à faire des concerts. Et cela fait maintenant un an et demi que je travaille avec Rob et Jack Lahana. Nous avons bossé sur des maquettes en parallèle de mes concerts accordéon-voix. Ca c'est fait comme ça, sans réfléchir à un disque. Et puis ce sont eux qui m'ont dit «Ce serait bien maintenant d'avoir un avis sur le travail qu'on a fait ensemble » . J'ai donc commencé à démarcher. La maquette a fait son chemin tout seul, de bouche à oreille. C'est Warner un jour qui m'a appelé pour un rendez-vous. C'est avec ce label que j'ai signé mon premier album.
Peux-tu nous en parler?
Il s'intitule Zaza Fournier. C'est un album de 12 titres. J'écris et je compose avec un accordéon. C'est vraiment le fil conducteur du disque. L'idée c'était de détourner un peu les idées reçues qu'on a tous sur cet instrument. Ce n'est pas un album de musette, de tango. On a essayé de s'amuser. Par exemple, il y a un slow très 50s à l'américaine à la Hal Green sur l'album, sauf qu'il y a un accordéon. Cela me faisait marrer de faire des choses un peu inattendues. C'est un album très encré dans notre temps. Il y a également des influences d'artistes comme Edith Piaf.
Tu écris donc les textes de tes chansons. De quoi t'inspires-tu ?
Cela varie d'une chanson à une autre. Ca peut être une phrase que j'entends dans la rue qui sonne. Mais souvent quand j'écris je ne sais pas où je vais aller. Je pars vraiment de la nécessité de mettre en mots ma pensée. Parfois ça part d'une histoire que j'ai entendue, d'un évènement qui m'est arrivé, de quelque chose qui m'a fait fantasmer.
Qu'est-ce qui t'a donné la passion de l'accordéon ?
J'ai fait 10 ans de violon en conservatoire. C'était assez laborieux pour moi car j'avais vraiment envie de chanter. Il y avait ce petit quelque chose qui faisait que je n'étais pas à fond. Et puis tous les étés j'allais chez ma tante qui est une dame de musique et qui joue de l'accordéon. Elle a appris toute seule. C'est elle qui m'a donné le goût de cet instrument. Je n'avais jamais écouté d'accordéon auparavant. Je ne savais même pas ce que faisais Yvette Horner ( rires ). Je n'avais pas du tout cette culture là. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que l'on considérait l'accordéon comme un instrument un peu ringard, un peu dépassé. Je ne l'ai jamais vu de cette manière au début. Pour moi ça a tout de suite été un truc sexy, drôle, à travers cette vision de ma tante.
Tu participes pour la première fois aux Muzik'Elles. Comment t'es-tu retrouvée dans cette aventure ?
Je ne le sais pas trop moi-même (rires). Ca m'est tombé dessus. C'est mon tourneur qui m'a fait ce cadeau là. Depuis que j'ai signé avec Warner j'avoue que les choses me dépassent un peu. On me propose des concerts et je dis oui en général. En un an et demi les choses ont énormément bougées pour moi. C'est très inattendu, j'en suis contente.
Qu'attends-tu d'un festival comme celui-ci?
Ce qui me ravie c'est que je n'ai jamais joué devant autant de personnes. C'est une opportunité de pouvoir être entendue, c'est une vraie chance. Je vais jouer quatre des chansons de mon album. Je suis super fière.
Tu es accompagnée sur scène de ton accordéon, mais également d'un Ipod. Peux-tu nous expliquer ?
J'ai commencé l'accordéon-voix dans des bars. Dans l'accordéon en lui-même il y a un petit quelque chose très parisien qui faisait que ça plaisait. Après dans mes chansons accordéon-voix, ce n'était pas représentatif de ce que je voulais que ma musique soit, par rapport aux maquettes qu'on faisait à côté, avec des sons, des boîtes à rythmes, des synthés. C'était frustrant. J'avais l'impression que l'on n'entendait pas vraiment ce que je voulais qu'on entende. En même temps les musiciens c'est un budget, pour moi ce n'était pas possible à ce moment là. L'Ipod c'est d'abord imposé par défaut, pour remplacer le groupe. Il y a le côté rétro avec l'accordéon et l'Ipod très inscrit dans notre temps. Je trouvais ça marrant. Donc voilà. On est parti de ça. C'est un concept qui me plaît assez maintenant. Evidemment j'ai hâte de jouer avec des musiciens. Mais pour l'instant c'est pas mal, ça reste un outil de formation, et en même temps c'est vraiment représentatif du disque.
Tu vas certainement donner l'envie aux jeunes générations de s'essayer à l'accordéon .
C'est comme après la Coupe du Monde de Rugby, beaucoup de personnes se sont inscrites au rugby. C'est drôle il y a plein de personnes qui, avant d'écouter le disque, me disaient qu'ils détestaient l'accordéon. Après, c'est le contraire. J'espère que ce sera prometteur dans le sens où ce n'est pas un disque pour les gens qui aiment l'accordéon. Mon album s'adresse aux gens qui aiment la musique. Je serais ravie de susciter des vocations.
Sophie Olejniczak -Septembre 2008
Retrouvez l'actualité de Zaza Fournier sur www.myspace.com/zazafournier
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