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Les Aigles des Remparts à Provins
Les dessous du spectacle
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La fauconnerie est de retour dans la cité médiévale, au Théâtre des Remparts. Depuis le 1er avril dernier, vous pouvez découvrir ou redécouvrir ce spectacle conçu par la Société Vol Libre, dirigée par Philippe Hertel. Un show où se succèdent des tableaux, dans lesquels l'art de la fauconnerie est évoqué selon différentes périodes de l'histoire, différentes cultures. On y retrouve des chevaux, des loups, un dromadaire. Mais les vedettes, ce sont surtout des buses, aigles, vautours, faucons ou encore oiseaux nocturnes. Mais avant d'arriver au résultat final, un défilé extraordinaire de rapaces, c'est toute une préparation pour amener un oiseau à être lâcher et à rentrer dans le spectacle.
Dans ce théâtre, ils passent d'un point à un autre, toujours à l'affût du signal de leur dresseur. A les voir obéir de la sorte, on pourrait croire la tâche plus facile qu'elle n'y paraît. Mais « apprivoiser » un oiseau de proie, c'est un travail au quotidien. Après la saison hivernale, les entraînements des rapaces reprennent.
Pour qu'ils soient lâchés, libres comme l'air, il faut environ deux mois. Pendant cette période, l'oiseau est porté au gant, de nombreuses heures. Pas simple, il faut que les dresseurs instaurent un climat de confiance avec leur animal. Au début, il se montre hostile. Le fauconnier le fait remonter une fois, deux, fois, des centaines de fois sur le gant, pour qu'il comprenne qu'il n'a rien à craindre. Petit à petit, la confiance s'installe, les oiseaux viennent manger sur les bancs des fauconniers. L'homme leur est moins farouche. On peut le constater lorque l'on admire, au cours du spectacle, des vautours s'élancer de part et d'autre de la scène et rejoindre leur dresseur. Un vrai plaisir pour les yeux.
Mais entraîner les rapaces à sauter au gant n'est pas le seul défi pour parvenir à monter un spectacle de ce type. Pour réussir à les faire voler d'un point A un point B, il faut prendre en compte un élément essentiel. Comme tous les animaux, les oiseaux de proie sont habités par une seule envie : se nourrir.
L'équipe de Vol Libre va alors les mettre dans ces conditions. C'est là qu'intervient la pesée des oiseaux, chaque jour, entre onze heures et midi. Ils sont notés sur un listing. De cette façon, les dresseurs connaissent le poids de la veille, le poids du jour de chacun des pensionnaires. Le but de la manoeuvre ? Leur faire perdre de la masse, pour savoir à quel moment l'oiseau pourra être mis en vol, afin qu'il soit le plus réceptif, le plus intéressé pour venir chercher sa nourriture au gant. Il n'y a pas de généralités. Chaque rapace a une morphologie et un caractère différents. C'est au fauconnier de sentir à quel poids son oiseau sera en bonne forme physique, aura envie de se nourrir.
En fonction de ces critères, au cours de l'entraînement, il demande à son animal de sauter à 50 cm, de son perchoir sur le banc, puis à 1 m. Tout cela en le gardant tenu à une filière. Car malgré tout, il peut prendre peur et partir.
Toute l'équipe de Vol Libre essaie d'aller très vite sur cette phase de préparation. « L'intérêt est de lâcher l'oiseau, qu'il est confiance. A ce moment là, il peut s'exprimer. Il va voler plus loin, plus longtemps, apprendre la condition physique, apprendre à dominer les vents faibles, forts ». 
Malgré les 90 oiseaux présents sur le site de Provins, Philippe Hertel évite de faire participer le même oiseau à plusieurs spectacles dans une seule journée, afin de ne pas trop le nourrir. En mai-juin par exemple, se sont quatre prestations par jour. Chaque faucon figure une seule fois par représentation.
De tout ce travail d'entraînement résulte un spectacle instructif et envoûtant. Vous découvrirez les rapaces sous un autre angle, traversant la scène de ce Théâtre des Remparts, en passant juste au-dessus de votre tête.
A l'issu de la représentation, vous pourrez poursuivre cette initiation à la fauconnerie en visitant la volerie et l'enclos des loups. Alors, si vous rêvez d'émotions inoubliables, sachez que Vol Libre vous ouvre ses portes jusqu'au 2 novembre prochain. Toute l'équipe se fera un plaisir de vous faire partager sa passion pour les oiseaux de proie.
Plus d'informations sur la société sur www.vollibre.fr
Voir également l'interview de Philippe Hertel, dirigeant de Vol Libre Production
Sophie Olejniczak – Avril 2006
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