Il mène parallèlement sa passion et sa scolarité. Elève de seconde au lycée Martin Luther King de Bussy-Saint-Georges, il envisage de poursuivre en série scientifique. En gardant un objectif : aller le plus loin possible dans le karting, malgré les difficultés financières.
« Quel que soit le métier que je ferai, ce sera dans le monde du sport automobile. Mais mon but premier, c'est d'être pilote de Formule 1 ». Alexandre Bourg essaie de vivre au maximum sa passion pour le karting. Cet adolescent de 15 ans, assidu, met tout en oeuvre pour essayer de la mener au plus haut niveau. Prochaine étape le 30 juillet avec le Julie Tonelli Trophy, course de préparation à la Coupe du monde, sur le circuit d'Angerville (Essonne). « Je pourrai directement courir avec les meilleurs mondiaux de la discipline. Ce sera dur, mais c'est la meilleure façon d'apprendre ». Un courage qui ne s'efface pas, malgré une déception à sa dernière course, le grand prix FFSA (Fédération française du sport automobile) sur le même circuit francilien, le 25 mars dernier.
Sa passion lui vient de son père, Dominique Bourg, lui-même ancien adepte du karting. Ce qu'Alexandre apprécie dans le sport en général, c'est la vitesse, la compétition. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers cette discipline. C'est au Japon qu'il s'initie au karting, dès 5 ans. Il suit un stage de pilotage à la Reon Kids Racing School à Tsukuba, près de Tokyo. Il en a fait du chemin depuis. A 7 ans, il s'adonne à son sport favori en France, âge minimum requis. Il obtiendra par ailleurs sa licence, la même année. Et c'est à 10 ans qu'il fait véritablement ses débuts en compétition en Minime. Pour sa seconde saison dans cette catégorie, en 2002, il participe au championnat régional d'Ile-de-France, qu'il termine à la 13ème place, et à trois courses du tournoi national. Dernièrement, il a changé de catégorie et passe de Junior à Espoir, l'ICA dans le jargon automobile.
Pour se préparer aux différentes compétitions auxquelles il participe, ce jeune garçon court une heure presque tous les soirs, fait des exercices de musculation, spécialement destinés au pilotage (avant-bras et cou). Pour les entraînements sur piste, il essaie de rouler sur celles des championnats. Et de temps en temps, il s'entraîne en Belgique avec son team. Un investissement personnel qui lui a notamment permis de se classer 22ème sur 60, et 13ème Français, lors du dernier championnat de France, en 2005.
Bien que déterminé et travailleur, il doit cependant faire face à une difficulté majeure : le financement de sa participation aux différents championnats. Une course dans la catégorie dans laquelle il va évoluer coûte entre 5 000 et 6 000 €. Cela tient compte de la location de matériel de compétition, du mécanicien de piste, du team, des déplacements et des engagements. Il faut ajouter le coût des entraînements et l'achat de son propre équipement, casque et combinaison.
Mais si cette contrainte le freine, Alexandre poursuit son objectif avec une motivation débordante. Pour pouvoir courir au plus haut niveau, il a créé, avec sa famille, l'association Team Bourg Alexandre, dont le but était de gérer l'argent des sponsors, puis, l'année dernière, le Comité de soutien à Alexandre Bourg. Cette structure a été conçue pour recevoir des soutiens plus nombreux, sous forme d'adhésion à l'association. Aujourd'hui, même si ce comité ne permet pas à Alexandre de trouver suffisamment de partenaires, il reste optimiste : « Malheureusement, nous avons peu d'adhérents, mais ce n'est qu'un début ». Entreprises, associations et particuliers peuvent venir s'associer à son projet, comme l'ont déjà fait Even, GCI, Axis-Valdo, la CIC-SNVB, la SAUR, ou encore l'association Oxygène. Le club d'Alexandre, Rosny 93, le soutient également sur les plans sportif et financier. Mais son principal sponsor reste ses parents, et il leur en est très reconnaissant : « C'est grâce à eux que je peux vivre ma passion ». Son père s'occupe du comité, de la communication (site Internet, dossiers, communiqués de presse...). Pendant 10 ans, il a été son mécanicien personnel. Quant à sa soeur de 21 ans, elle est la trésorière de la structure.
Même s'il ne parvient pas à participer à une saison entière, il n'en perd pas l'espoir. Courir en compétition, aussi peu soit-il, lui permet de vivre sa passion, bien que restreinte. Il se souvient de bons moments : « J'ai plein de souvenirs, comme mon premier podium au Japon, à 7 ans, ma première victoire en Minime à Magny-Cours, ou encore mes poles positions en championnat de France et d'Ile-de-France, en 2003 ». A l'occasion, il avait d'ailleurs établi un nouveau record de la piste internationale d'Angerville. Et quand on lui demande ses plus mauvais souvenirs : « Ils sont surtout liés à la frustation de ne pas pouvoir se battre à armes égales avec les meilleurs, uniquement par manque de moyens ».
S'il réunit le budget nécessaire (20 000 €), ce pilote participera aux deux dernières manches du championnat de France, en septembre à Ostricourt (Nord) et en octobre à Essay (Orne). Son espoir également : trouver les moyens de courir toute la saison 2007. Pour pouvoir participer à une saison complète, championnat de France, championnat d'Europe et Coupe du monde, il lui faudrait en effet rassembler 50 000 €.
L'appel d'Alexandre Bourg est clair : trouver les partenaires qui lui permettront de s'exprimer en Espoir dans de bonnes conditions, de façon à pouvoir représenter sa région comme il se doit, et poursuivre son rêve.
Plus d'informations sur Alexandre Bourg et son comité de soutien sur alex.bourg.free.fr et www.comite.alexbourg.free.fr
Sophie Olejniczak – Mai 2006
|