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Interview de Thierry Lamouche
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Nous avons rencontré, le 13 septembre à Saint-Ange-le-Viel, Thierry Lamouche, gagnant du concours de la poste qui verra son timbre édité à plusieurs milliards d'exemplaires. Malgré le fait qu'il ait gagné ce concours et la notoriété soudaine à laquelle il fait face, c'est une personne humble et accueillante que nous avons rencontrée.
Ci-dessous, pour la-seine-et-marne.com, l'interview de cette rencontre
Bonjour M. Thierry Lamouche, pouvez-vous vous présenter à nos internautes en quelques mots ?
Je suis illustrateur indépendant depuis 25 ans. L'illustration, c'est un métier qui consiste à résoudre des problèmes d'images dans de multiples domaines : l'édition, pochettes de disques, la pub, des affiches.. En résumé, tout ce qui supporte une image. Comment êtes-vous venu à participer au concours de la Poste pour concevoir le nouveau timbre ?
Mon épouse en rentrant de la Poste a rapporté un petit dépliant pour participer au concours. Quand j'ai lu le Concours, j'ai trouvé très sympa le fait qu'il proposait aux français de participer à ce qui les regarde. En plus, c'était ouvert à tout le monde. Je trouvais le principe très intéressant. Comment avez-vous « abordé » la conception du concours ?
J'ai l'habitude de chercher les idées avant de commencer à dessiner. Là, le thème était « l'engagement de Marianne en faveur de l'environnement», dans mon esprit c'est devenu assez rapidement Marianne et l'environnement, tout simplement. Le but était de mêler Marianne et l'environnement, donc de tout situer au niveau du visage de Marianne ! C'est pour ça que le visage de Marianne s'inspire d'une fleur. C'est elle qui est l'environnement ! A partir d'une idée assez simple, j'ai essayé de faire le dessin le plus épuré possible, sachant qu'on arrive au final à une dimension inférieure à 2 cm, il fallait que le dessin supporte donc bien la réduction.
« Les contraintes » qu'on avait étaient de faire un dessin en noir et blanc au trait, et il fallait tenir compte de la réduction du dessin. Il y a énormément de gens qui ont fait des dessins somptueux, mais réduits à l'échelle d'un timbre. il n'y avait plus grand-chose visuellement ! J'ai vraiment cherché la simplicité, je voulais que ce soit un dessin ouvert, le dessin ne comporte aucun trait fermé. Les tout premiers dessins que j'avais faits je les ai réduits à la taille d'un timbre, et là j'ai commencé à nettoyer, dresser le trait. Au début par exemple il y avait trois quatre feuilles, c'était trop chargé. Le but final était, encore une fois, que le dessin supporte bien la réduction. Comment s'est déroulé le concours ?
Le concours a été un immense succès, il y avait 50 000 dessins à l'arrivée, puis après diverses sélections nationales, départementales, régionales où des employés de la Poste ont fait une sélection, le nombre est passé à 500. Il y a encore eu une sélection pour arriver à 100. À partir des 100, la Poste proposait le suffrage au public français, à savoir qu'il y avait quelques journaux dans lesquels les 100 étaient reproduits (les gens remplissaient un petit bulletin selon leur choix) ; il y avait également 80 lieux d'exposition dans les grandes gares, les lieux très publics et sur Internet également. Les français, parmi ces 100, ont sélectionnés les 10 derniers.
Les 10 derniers ont été exposés à l'Assemblée Nationale sur les colonnes sur un format de 10 mètres de haut en noir et blanc. C'est M. Jacques Chirac qui a choisi le finaliste parmi les 10. Ensuite, c'est M. Debré qui a dévoilé le résultat le 13 juillet.
Le 13 juillet, j'étais un peu fatigué comme je suis né la vieille le 12, il y avait les dix candidats qui étaient à l'Assemblée, c'était très impressionnant de se retrouver là, on était tous un peu stressés. Grimper les marches, c'était comme monter l'Himalaya, émotionnellement déjà quand on voit les dix dessins le long de l'Assemblée c'est très « bizarre ». Quand j'ai su que j'étais le « gagnant », à partir de là c'était étourdissant, on m'a demandé de descendre, il y avait plusieurs télés et journaux . c'est deux heures non stop d'interviews. Il y avait même un buffet fabuleux auquel malheureusement je n'ai rien pu toucher (Rire). Qu'est-ce que ça a changé pour vous depuis ?
Quand il y a la télévision qui vient vous voir à Saint-Ange, ça fait partie des côtés « marrants ». Je travaille beaucoup avec la Poste depuis. Il y a eu un éclairage assez important fait sur mon travail, donc médiatisation, j'ai reçu plus de 100 e-mails. Le téléphone « bloqué », les copains et après les coups de fils de clients qui étaient contents et aussi beaucoup d'appels de gens avec qui j'avais jamais travaillé. Ce que ça change, c'est surtout que ça fait une carte de visite, quand je veux obtenir un rendez-vous, je dirais pas qu'on m'ouvre les portes à double battant, mais c'est plus facile qu'avant, sans prétention aucune. Le timbre sera édité à 3 milliards d'exemplaires, mais je ne suis pas intéressé aux ventes, comme j'ai pu le lire chez un journaliste (Rire). Le principal, ce n'est pas l'argent, au début du concours on était même pas au courant, c'est plutôt que ça relance mon activité dans des endroits où j'avais envie d'aller.
Dans les bons « moments », le lendemain du 13 juillet, je me suis retrouvé à l'Elysée pour la Garden Party, là aussi ce n'est pas tous les jours. (Rire)
Je n'ai fait que croiser le Président, j'étais en bas, il y avait 6000 invités., mais on m'a dit que le Président aimerait bien me rencontrer à une occasion plus « calme ». Je suis quand même un des rares français qui a été élu par M. Jacques Chirac (Rire). Et du monde Philatéliste, vous avez eu quelles remarques ?
J'ai eu des interviews dans trois journaux philatélistes. Il y a plein de gens qui m'écrivent pour que je vienne assister à des manifestations de timbres, mais malheureusement je n'ai pas le temps, j'ai reçu des lettres de Suisse, d'Amiens, Montélimar, si je réponds à toutes les demandes j'arrête de travailler (Rire).
Ce qui est très sympa, c'est que le milieu Philatéliste s'intéresse au timbre comme il est nouveau.
Dans ce milieu, j'ai aussi rencontré les gens du Musée de la Poste, ils m'ont fait découvrir la philatélie, ils m'ont expliqué comment les timbres sont gravés.
Bientôt, je vais aller à l'imprimerie où ils gravent les timbres, là j'en apprendrais plus sur le processus.
Les seuls philatélistes avec qui je suis en relation, ce sont ceux du service philatélie de la Poste qui se trouve à Fontenay-aux-Roses (92). Concernant le département de la Seine-et-Marne, cela fait longtemps que vous y résidez ?
Je suis arrivé en Seine-et-Marne, j'avais 12 ans, il y a donc 37 ans. Avant, j'habitais près de Melun, à Vert-Saint-Denis. Ici, dans la jolie campagne de Saint-Ange-le-Viel, ça fait 10 ans.
Y a-t-il des lieux que vous aimez plus que d'autres dans notre département ?
Quand j'étais gamin je faisais partie des scouts de France, donc c'est la Forêt de Fontainebleau, que l'on a fait dans tous les sens. Il y a Moret-sur-loing aussi que je trouve très joli, c'est aussi parce que c'est près d'ici, j'y passe souvent. Je ne crois pas être le meilleur touriste Seine et Marnais malheureusement (Rire). J'aime bien Provins, j'avais des copains à Coulommiers, Lagny-sur-Marne. En résumé, c'est un département assez varié au niveau touristique et visuel.
Merci pour cette interview M. Thierry Lamouche |
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